Ma SaintéLyon 2013...

Ma SaintéLyon 2013...

Que dire de cette SaintéLyon ? En quoi cette épreuve est si particulière ... ?

...Peut être parce que c'est assez magnifique de se retrouver à 6000 participants sur la ligne de départ, alors qu'il est minuit et qu'il fait - 6°C ! Qu'à nous tous, rien qu'à observer les sourires des participants, nous sommes heureux à l'idée de se préparer à une sacrée ballade nocturne de 75km, qui ressemble plus à un périple entre neige, glissades, obscurité et bouchons...

Cette SaintéLyon me semble bien indéfinissable, ce n'est ni un trail, ni une course sur route, c'est un rassemblement, une fête où, sauf pour l'élite, la performance semble bien aléatoire... Bref la SaintéLyon c'est la SaintéLyon, une épreuve qui me laisse aujourd'hui bien perplexe sur ce qu'elle peut représenter à mes yeux... C'est EXTRA ordinaire.

La SaintéLyon, c'est aussi une organisation, un évènement qui va rassembler plus de 13000 coureurs qu'il faut gérer, transporter jusqu’aux lignes de départ, nourrir, etc. La SaintéLyon, c'est une ode à la patience, car on fait la queue pour presque tout: s'y rendre, récupérer son dossard, manger, prendre sa douche, etc; Et il faut attendre minuit, et ça, ça se gère !!! pour ma part, il a fallu attendre les quelques minutes juste avant le départ pour enfin me dire que j'y étais, que j'allais prendre part à une course de 75km, bref de mesurer l'ampleur de ce à quoi j'osais me défier... Ce moment du départ m'a paru assez magique, entre émotion, excitation. D'ailleurs, à ce moment, je n'ai plus froid, je suis transporté par l'énergie du peloton, fier de me dire que j'en suis. le départ va être donné.

Ma SaintéLyon 2013...

Le départ est donné, il est minuit pile et je m'élance au milieu de ce long peloton de 6000 coureurs... La stratégie de course est la suivante, essayer de partir assez vite pour éviter les bouchons qui arriveront lorsque nous serons sur les sentiers. En effet, pour le moment, nous courons sur une route large pendant 7 kms ce qui permet à chacun de "caler" son allure... Ce départ me fait un peu flipper, je n'ai pas l'habitude des départs rapide et je crains de le payer par la suite... Je suis avec Claude et Jérome et nous courons sur une allure de 5mn au kilomètre, je pense être parti trop vite... Le peloton est encore très compact.

Nous atteignons alors les premiers sentiers sans trop de bouchons et l'état des chemins nous réconfortent dans notre choix d'avoir emporté les chaînes Yaktrax... Nous nous arrêtons vers le 10ème kilomètre pour les enfiler et quelques secondes plus tard nous voilà tout 3 chaussés de ce système assez impressionnant: en effet, nous doublons bon nombre de participants sur les sentiers glissants et enneigés, l'adhérence est de fait maximale... C'est même grisant, à ce moment de la course, je ne gère pas trop l'effort, je double et m'amuse dans ces sentiers. C'est aussi à ce moment que je vois partir Claude et Jérome: leur allure devient trop élevée pour moi, je me dis qu'il reste plus de 60 kilomètres à parcourir et déjà je sens que ça va être difficile.

Vient alors le premier ravito de Saint Christo en Jarez où l'on peut aisément mesurer l'effervescence... beaucoup de public, les seconds relayeurs qui se préparent (oui, certains concurrents font le 75km en relais)... C'est assez déroutant ! je décide de temporiser, de ne pas me déconcentrer: je vais juste remplir ma poche à eau et prendre quelques TUCs salés (mon péché mignon en course...). Je ressors du ravito seulement quelques minutes après mon arrivée, je n'y vois aucun des potes et je me dis que vu le monde je ne les recroiserai qu'à l'arrivée !

Je suis toujours chaussé de mes chaines, en plus d'accrocher, elles ne sont pas trop inconfortables sur la route. Je croise alors Claude qui rebrousse chemin, j'apprendrai à l'arrivée que son mollet était trop douloureux, il décide d'arrêter là sa course... la portion qui s'annonce jusqu'à Ste Catherine sera sauvage car presque exclusivement sur chemins. Je décide de gérer jusqu'à ce ravito de mi course. Ce tronçon est constitué de montées descentes successives bien casse pattes, de sentiers en balcon et de passages plus technique où les chutes se multiplient... C'est ici que je me rends compte que la réputation du "traileur solidaire" n'est pas usurpée, chacun est attentif aux autres, on aide les partenaires à se relever, c'est vraiment un sentiment spécial qui se dégage: nous sommes tous embarqués dans cette même aventure, avec tous le même objectif, celui de finir... un esprit de cordée en quelque sorte !

Ma SaintéLyon 2013...

J'arrive donc à Sainte Catherine après un peu plus de 3h30 de course pour 30km effectués, autant le dire le rythme est bon ! C'est le principal point de ravitaillement avec un endroit pour se poser, se restaurer, etc; Il est plus de 3h30 du matin et il y a beaucoup de monde, c'est assez surprenant ! Je m'y attarde un peu plus notamment pour boire une soupe chaude salvatrice avec mes habituels TUC et quelques morceaux de saucisson ! Ça me change des gels énergétiques que j'essaie de prendre toutes les heures... Je repars revigoré mais vu mon état de fatigue musculaire avancé je crains la seconde partie de la course. Il reste 45km, ça va être dur et laborieux !!!

Avant de repartir, je décide de retirer mes chaines, le parcours qui suit est annoncé plus roulant et pour partie bitumé. ça reste néanmoins cassant et les chutes se multiplient sur le sol gelé... je ne vais pas y échapper, cela alors que je venais tout juste d'enlever les chaînes !!! Je tombe lourdement sur les fesses et je me fais aider par un participant pour me relever. Debout, je vérifie si tout va bien, mais en regardant mes gants, je vois qu"il s'est enlevé au niveau du petit doigt, je le réajuste mais... c'est en fait mon petit doigt qui, dans la chute s'est tordu à 90 degrés, c'est très impressionnant et je reste un peu sans réaction pendant quelques secondes... Que faire? Mon compagnon de route du moment me suggère alors de le remettre, je m’exécute sans trop réfléchir et repars avec le doigt remis dans son axe, amusé de cette situation ! Je n'y pense pas trop mais la douleur est bien présente au niveau de ce doigt !!!

J'ai mal aux jambes, je fatigue mais je reste concentré veillant bien à m'hydrater régulièrement et à prendre un gel/heure... Vient alors la montée du bois d'Arfeuille, grosse patate qui brûle encore un peu plus les cuisses !!! En haut de cette montée, nous avons beaucoup d'encouragements avec cloches et applaudissements, on se croirait dans la montée de l'Alpe d'Huez !!! J'arrive ensuite au ravitaillement de Chausson St Genou en 5h22 après 42kms effectués, j'ai dépassé la moitié ! Je m'y arrête peu de temps, ma poche à eau est encore bien pleine, ça ira jusqu'au prochain ravito. J'ai envie de m'asseoir pour me reposer quelques minutes, mais de peur de prendre froid, je continue ma route ! Avancer devient pénible et le pas se fait de moins en moins léger, j'alterne de plus en plus la marche et la course, je vais mettre presque 2 heures pour faire les 13km qui m'amènent à Soucieu en Jarrest. Ainsi, j'arrive à ce ravito après 7h20 de course et un profil de plus en plus descendant. Il reste 20 km à effectuer, j'attends chaque panneau kilométrique avec impatience (un panneau tous les 5km) et je me refait une petite santé en sortant du ravito qui coïncide aussi avec la levée du jour... ce détail est très important et il est bon de retrouver un peu de chaleur avec la lumière du jour ! Cette portion est roulante et j'ai l'impression que le parcours devient de plus en plus bitumé à mesure que nous nous approchons de Lyon. J'arrive à grappiller quelques places, chose qui ne m'étais pas arrivé depuis le début de course... c'est bon signe et j'arrive avec le moral au dernier ravito à Beaunant, km 68 après 9h15 de course. C'est presque la fin, nous voyons arriver Lyon et surtout une belle montée juste à la sortie du ravito avec des passages à 18% ! A mesure que nous nous approchons, nous croisons de nombreux runners qui, pendant leur footing dominical, n'hésitent pas à nous encourager et à nous féliciter. Je parviens à courir tout le long de cette portion, je suis porté par l'idée d'arriver et d'en finir car j'ai mal partout: cuisses, pieds,etc.

l'arche d'arrivée... et notre petit groupe au départl'arche d'arrivée... et notre petit groupe au départ

l'arche d'arrivée... et notre petit groupe au départ

Ma SaintéLyon 2013...

J'arrive à Lyon, les panneaux se font de plus en plus présents, reste 3km, 2km, 1km et bientôt j'aperçois le parc expo de Gerland, un dernier virage à gauche pour entrer dans le parc et je vois l'arche tant attendu... je l'ai fait !

J'arrive, exténué après 10h10mn57s d'efforts, 1628e/5091 classés, soit une moyenne de 7,37km/h... C'était une expérience singulière où j'ai le sentiment d'être allé encore un peu plus loin dans mes limites, sur une course où paradoxalement on cours beaucoup ! Je salue ici les performances de mes potes bas normands, de Daniel, notre hôte lyonnais qui est venu à bout de la SaintéLyon malgré un poignet fracturé au 40ème km !!! Respect à lui !

Encore un super weekend à Lyon en tout cas, où comme lors du Lyon Urban Trail, nous avons été accueillis comme des rois par nos amis Daniel et Christine ! Un grand merci à eux!

Maintenant, place au repos, la saison a été belle et longue... A venir un petit article de bilan de cette année 2013... et le programme 2014 !

Sportivement,

Julien

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RECHT 27/12/2013 15:26

Je suis abonné à ton blog depuis septembre et moi aussi j'ai fait la SaintéLyon dans le même
temps que toi: 10:10:05. Bonne continuation pour ton blog et bonnes fêtes de fin d'année.

Julien 27/12/2013 17:51

Merci recht ! Au plaisir de se voir sur une course dans ce cas, d autant plus si nos temps sont similaires .... ;)

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