Dans les pas de mon guide... part 2

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Premiers ravitos, il fait chaud et en partant des Houches, nous entrons dans un sentier en sous bois. Nous alternons des phases de marche active avec les bâtons ainsi que des passages en courant. James, avec son expérience d'ultra traileur mais aussi de préparateur mental, nous explique cette importance de savoir alterner marche et course même sur de longues montées, ceci afin de ne pas s'inscrire dans un faux rythme et de profiter des moments de marche pour récupérer et non pas pour s'installer !!! Dans la pratique, c'est plus difficile à dire qu'à faire mais nous tentons de nous y astreindre... Nous avons le droit aussi à une séance de travaux pratiques dans le bon usage du bâton en ultra trail ! C'est très instructif et c'est assez incroyable comme de petits réglages techniques peuvent nous rendre plus efficients... Merci James ! Nous sortons du sous bois pour arriver sur un sentier en balcon qui nous amène au sommet du premier col, le Mont Lachat (2032m). Nous avons alors gravi près de 1000m de dénivelé positif à ce moment, et la forme est là pour chacun d'entre nous !

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Dans les pas de mon guide... part 2

Quelques photos et de jolis sourires plus tard, nous repartons vers le premier refuge du Nid d'Aigle. Le chemin qui longe la voie du Tramway du Mont Blanc s'élève, la marche et devenue plus régulière et nous avons abandonné l'idée de courir ! Nous apercevons à ce moment là notre premier bouquetin qui, imperturbable, nous regarde passer. En haut de cette montée peut technique mais avec un fort pourcentage nous apercevons le refuge bien niché dans le creux de la montagne à 2482m d'altitude. Là bas, nous attend la gardienne fort sympathique. Nous sommes accueillis avec un grand thé bien chaud. Il est vrai que dehors, le soleil ayant petit à petit disparu avec la fin de journée, il commence à faire froid. Il est donc temps de se changer. James nous donne le timing, nous sommes un peu en retard par rapport aux prévisions, nous repartirons dans 20mn du refuge. Pas le temps de traîner autour du thé, il faut enlever nos affaires trempées de sueur, en mettre de nouvelles sèches, se préparer à la nouvelle portion qui nous attend et qui nous emmenera vers le refuge de la Tête Rousse (3167m). Il faut donc se séparer (à regret) des chaussures de trail pour enfiler les confortables mais lourdes chaussures de montagne (des Meindl pour ma part qui m'ont déjà accompagné lors de mon trek au Népal et sur le GR20). Nous sommes arrivés en traileurs et nous voilà donc repartis en randonneurs de haute montagne alors que la nuit commence à arriver tout doucement.

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Et comme il n'est jamais trop tard pour le faire, laissez moi vous présenter la cordée "des 5 traileurs de plage" que nous sommes: Jérome (finisher Diagonale des Fous, UTAT, etc), Jérome (encore un! marathonien aguerri 2h49, Centbornard, etc), Christophe (finisher MaxiRace, Mégatrail Ardennes,Centbornard, etc), Olivier (Traileur aguerri, finisher Templiers, mordu de triathlon) et moi même, votre serviteur ;-). Une pensée chaleureuse et amicale également aux 2 traileurs qui devaient se joindre à nous, Laurent et Bruno qui, n'ont pu se joindre à nous... ce n'est que partie remise.

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Revenons à notre expédition maintenant...

Nous voici donc repartis vers la Tête Rousse pour environ 2h de montée. Le pas est régulier et nous sommes confrontés aux premiers glaciers sur lesquels il faut évoluer. Le pas est de fait un peu plus hésitant et il génère, du coup, plus de fatigue. Le spectacle est à ce moment fabuleux, et lorsque je me retourne, j'aperçois le reste de la cordée dont je ne distingue que la silhouette avec ce soleil qui se couche... le paysage devient orange, c'est magique et je peux vous dire que l'émotion est intense pour moi en scrutant ce tableau. Le soleil a maintenant disparu pour faire place à une épaisse couche de brouillard... L'ambiance devient ecossaise quand nous arrivons sur les premières parties plus techniques où il s'agit d'être prudent... C'est à ce moment où je me fais une belle frayeur en glissant le long d'un sentier en balcon pour déraper et tomber sur le dos... Par chance, plus de peur que de mal mais ce contretemps me fait redoubler de vigilance ! La cordée est toujours aussi joyeuse même si de longs moments de silence laissent augurer des premières traces de fatigue. En effet, nous sommes partis depuis plus de 5h déjà et on ne peut pas dire que la première partie aura été des plus reposantes ! J'apprécie beaucoup ces périodes où le silence s'impose, la pensée divague et on se laisse bercer par la cadence de nos pas... Nous arrivons progressivement au refuge de la Tête Rousse situé à 3167m d'altitude, là bas nous attendent Pierre et Pascal, les 2 guides qui complèterons notre cordée sur le reste de l'expédition. Un dernier sentier dans la neige nous porte vers le refuge, nous ne voyons pas à plus de 2m... Nous arrivons au refuge sans l'avoir aperçu au loin, il arrive tel une bénédiction pour un bon repas chaud !!!

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A l'arrivée au refuge, nous sommes en retard sur les prévisions. Nous sommes attendus pour le diner... le service n'attend pas! De nombreux randonneurs sont déjà au refuge et beaucoup d'entre eux dorment avant de repartir au petit matin. L'atmosphère est, du coup, assez surréaliste. Nous arrivons dans ce lieu après environ 6h de rando course dans un refuge où nous n'avons pas trop le sentiment d'être accueilli (en tout cas c'était mon impression), si ce n'est par Pierre et Pascal qui nous attendent de pied ferme depuis un petit moment déjà. Mais, qu'importe, nous passons à table rapidement et l'atmosphère devient très vite bon enfant... tout en veillant à ne pas réveiller les randonneurs endormis. A table, je savoure ce repas chaud, simple mais goûteux et copieux: quelques bols d'une soupe riche, du fromage et des pâtes, rien de tel pour se refaire une santé! Cette parenthèse dans l'ascension est salutaire, les visages sont déjà marqués et Olivier ne parvient pas, d'ailleurs à s'alimenter correctement, l'altitude lui provoque des troubles gastriques... A plus de 3000m d'altitude, les corps fatiguent mais nous partons vite nous préparer pour ne pas casser la dynamique et rester concentrés sur l'objectif. Nous nous équipons des crampons d'alpinisme et du baudrier. En effet, nous allons repartir par l'arête du Goûter, portion technique où il faudra escalader. 3 cordées se préparent: Pierre avec Olivier et Jéjé, Pascal avec Christophe et Jéjé et James avec moi. Cette préparation est silencieuse, la concentration est très importante et chacun s'affaire, appliqué dans sa tâche. La nuit est maintenant bien installée quand nous repartons du refuge de Tête Rousse. Il est plus de 22h. L'expédition de 3 cordées repart donc de plus belle ! le moral est au beau fixe et nous cheminons dans la neige en gagnant progressivement de l'altitude. L'atmosphère de nuit est paisible, nous sommes éclairés par nos frontales respectives... Mais c'est sans compter sur pascal, Christophe ou d'autres pour faire l'animation... ;-)

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Après une courte portion rocheuse, nous atteignons le couloir du Goûter. James demande le silence. Ce passage est le plus périlleux de l'ascension. En effet, le passage est court, mais il est dangereux car il peut y avoir de nombreux éboulis. Il s'agit donc d'être silencieux pour ne pas réveiller la montagne, passer vite mais de façon prudente car c'est pour le moins étroit ! Nous passons donc cordée après cordée en s'appuyant sur notre piolet en amont de la paroi.Tension maximum ! Je vous rassure, tout le monde passe sans encombre et nous voilà repartis pour l'ascension de l'arête. C'est rocailleux, raide et il faut escalader en s'aidant des mains. La cordée est silencieuse, chacun est à l'écoute de son guide en tête de cordée qui indique la marche à suivre pour ne pas faire d'erreur d'appui,

L'ascension est difficile, les cuisses brûlent, il faut bien assurer chaque appui en prenant en compte que d'escalader crampons aux pieds n'est pas choses aisée ! Cette partie de l'ascension durera 3h environ pour atteindre l'ancien refuge du Goûter. En effet, cette arrivée est appréciée par chacun car elle sonne la fin de la partie technique de l'ascension, très énergivore notamment en terme de concentration. Quelques minutes suffisent ensuite pour atteindre le nouveau refuge du Goûter, nouvel édifice somptueux construit à flanc de montagne.

Les 2 premières cordées arrivent, le refuge est endormi, il est un peu plus d'1 h du matin. Nous sommes bien fatigués après plus de 10h après le départ. Nous sommes à 3810m d'altitude. Nous nous sentons lourds mais moralement un peu sur autre planète. Nous sommes silencieux et les échanges de regards témoignent de l'intensité du moment, entre fatigue et émotion. Nous nous équipons alors d'une veste supplémentaire, profitons d'un bon verre de thé à peine chaud de nos thermos. L'arrêt sera court car les premiers groupes se réveillent pour entamer l'ascension finale. Nous avons prévu d'ouvrir la voie, alors pas question de traîner ! James arrête ici l'ascension pour profiter d'un repos bien mérité et il nous attendra dans ce refuge pour le trajet retour. Nous réunissons nos deux cordées en une seule avec Christophe, Jéjé, Pascal le guide et moi même. Nous nous attachons et au moment où nous nous apprêtons à partir, Pierre, Jéjé et Olivier arrivent. Ils sont, tout comme nous, usés par cette ascension de l'Arête et vont profiter de l'arrivée au refuge pour eux aussi se poser un peu. Nous nous encourageons, nos deux cordées avanceront désormais chacune à leur rythme. Le profil de l'ascension est beaucoup moins technique, nous allons marcher dans la neige pour ces 1000 m de dénivelé positifs restants. Nous sommes regonflés à bloc et sortons à présent du refuge, il fait nuit noire et il est plus d'une heure du matin environ.

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La trace est faite, nous cheminons dans la neige et les premiers hectomètres ne sont pas encore pentus. Nous avançons la fleur au fusil sans savoir ce qui nous attend après... Le chemin va s'élever, nous commençons l'ascension du Dôme du Goûter . Et là nous souffrons, la cordée vacille à deux nombreuses reprises mais elle ne plie pas... Nous grimpons sans cesse, la progression est difficile dans cette neige glacée et les appuis deviennent fuyants. En effet, les crampons sont vraiment utiles quand le pas est franc et que l'on accentue l'accroche des crampons dans la glace... Dorénavant les pas sont courts et les jambes dures à lever... 2 pas en avant, 1 en arrière... Il faut rester concentré sur l'objectif, Pascal nous pousse à ne pas s'arrêter. En effet, s'arrêter même quelques secondes pour souffler, c'est être exposé au froid. Mais cela est nécessaire au moins pour reprendre son souffle. Malgré nos gants épais, nous ne sentons guère plus nos doigts.

Il n'y a plus de bruit dans la cordée, seuls de faibles sons de souffrances sortent de la bouche. Nous tentons d'hyperventiler notre souffle comme nous l'avait conseillé James. Cette technique permet d’atténuer le Mal Aigu des Montagnes car il permet d'oxygéner davantage le corps et donc de favoriser une bonne circulation du sang (un truc comme ça je crois). Nous ne souffrons pas de céphalées, seule la progression est difficile, nous avançons à peine dans ce décor majestueux. L'effort est tel que nous ne parvenons peut être pas à profiter pleinement de ces paysages grandioses. Nous nous efforçons parfois à lever le nez de nos chaussures, c'est beau, c'est magnifique... peu de mots...

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Nous allons arriver à l'abri de secours Vallot situé à 4362m d'altitude. C'est une cabane sommaire perché au bord du précipice qui peut accueillir des alpinistes le temps d'une pause. ce refuge n'est pas destiné à dormir, il n'est d'ailleurs pas aménagé en fonction, c'est pourquoi nous parlons plus d'abri. Bref, nous allons arriver à ce refuge et il doit être environ 5h du matin. Vu l'heure nous ne verrons pas le lever du soleil au sommet, mais il nous accompagnera sur l'ascension finale. Au moment où nous pénétrons dans cet abri, nous sommes dans un état de fatigue pour le moins avancé et le froid nous a gagné sur cette dernière heure. Les mains sont congelées tout comme les doigts de pieds, et ce malgré un matériel tout à fait adapté. Les conditions météo sont pourtant idéales, il n'y a pas de vent et le temps est sec, nous sommes très chanceux. Dans l'abri, bon nombre de personnes dorment emmitouflés dans leur sac de couchage, ce qui a le don d'énerver un guide qui arrive en même temps que nous ! Nous parvenons tout de même à se faire une petite place en nous asseyant. Nous sommes tous trois (Christophe, jéjé et moi même) transis de froid, il nous faut nous alimenter avec ce qu'il nous reste (barres, saucisson), ça a du mal à passer pour ma part mais je me force. Jéjé nous sort des petites chaufferettes que nous nous collons sur les paumes de main. Cela diffuse ne chaleur salvatrice... Pascal est assez inquiet pour l'ascension, il nous trouve fatigués et nous demande si nous allons trouver l'énergie nécessaire pour le reste de l'expédition. Non pas qu'il doute de nous pour atteindre le sommet, c'est sur la descente qu'il compte sur notre lucidité. Nous le rassurons mais les paroles et les échanges sont brefs... La priorité est de nous rechauffer. Nous allons repartir, ce refuge appelle à y rester tant ce qui nous attend dehors nous parait à ce moment là assez insurmontable !

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la cordée repart... Avec le recul je me dis que si l'un d'entre nous avait à ce moment là émis le souhait de s'arrêter, nous l'aurions tous suivi dans sa décision. Cela explique les silences...

Le jour commence à montrer le bout de son nez, le soleil nous réchauffe le corps et l'esprit. C'est la dernière ligne droite, et pas de doute nous allons y arriver... Nous voyons au loin les premiers alpinistes qui sont tout proches du sommet, leurs minuscules silhouettes nous font aussi comprendre que nous ne sommes pas au bout de nos peines ! Mais tâchons de nous concentrer sur l'instant présent, sur ce pas, et sur celui-ci, etc. Le jour est maintenant là est quelques courtes pauses nous sont nécessaires pour reprendre notre souffle. la cordée avance lentement, mais elle avance ! Nous y sommes presque, et nous parvenons à l'arête des Bosses située à 4550m d'altitude... moins de 300m de dénivelé positif... le passage est étroit sur cette parti finale de l'ascension, le vide s'offre à nous des deux cotés de la trace, nous devons être très vigilants et Pascal veille à bien tenir sa cordée !

C'est maintenant la dernière bosse qu'il faut gravir, nous y sommes presque. Nous puisons dans nos réserves pour avancer, il me faut, pour ma part explorer des limites encore insoupçonnées ! Plus que quelques pas dans ces neiges du Mont Blanc pour enfin l'atteindre... le temps est superbe.

La cordée est silencieuse, ce n'est plus le temps des encouragements, ce n'est plus le temps de la souffrance, c'est la délivrance... Nous y sommes. Quel bonheur ! 4807m. 7h20 du matin, plus de 16h d’ascension. Je ne peux bien évidemment retenir mes larmes, mais toujours pas un bruit. Nous multiplions les accolades, Pascal immortalise cet instant en nous filmant. C'est fabuleux, quel sensation de plénitude, quel panorama ! Partout où nous nous retournons c'est le ciel, il nous faut à cet instant, baisser le regard pour voir les autres massifs montagneux. Nous sommes sur le toit de l'Europe. Il n'y a pas de mots pour décrire cela, et d'ailleurs nous ne parvenons pas à parler, nous sommes comme secoués par ce que nous venons d'accomplir. Les images intérieures se mutliplient, je pense à ma fille, à Charlène, à tous ces gens qui m'ont offert ce cadeau...

Bariolés... mais au Sommet !
Bariolés... mais au Sommet !Bariolés... mais au Sommet !

Bariolés... mais au Sommet !

Après quelques instants où nous profitons, où nous admirons ce décor circulaire, après les photos, il est temps de se remettre en chemin pour redescendre... Nous sommes soulagés, la fatigue n'a pas disparu mais elle fait place à une douce euphorie. Nous redescendons prudemment, en prenant soin d'assurer nos appuis, de faire place à ceux qui montent en priorité. Nous allons faire le trajet inverse de notre ascension, refaire de jour ce que nous n'avons pu voir et admirer de nuit. Sur notre droite, notre regard se pose sur l'Aiguille du Midi, elle parait être au même niveau que nous, c'est surréaliste. J'ai le sentiment de marcher sur une autre planète tellement tout cela me semble aérien, hors du temps et de mes repères... Nous prenons la mesure de notre statut de privilégié et c'est le coeur léger... mais le pas lourd que nous arrivons petit à petit vers le refuge du Gouter en fin de matinée. Là bas nous attend James, mais aussi Pierre, Olivier et Jéjé... Ils n'ont malheureusement pu se rendre au sommet... Il faut saluer ce courage d'avoir sur dire stop et je ne peux que respecter leur décision humble et sage. Au moment où nous arrivons, nous sommes chaleureusement accueillis par toute cette troupe ! Nous sommes éreintés. Un repas chaud nous attend mais je ne peux m'alimenter depuis le début de la descente, je n'arrive qu'à boire. Je me force mais rien n'y fait.

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L'idée d'arrêter fait plus que nous effleurer, nous dormons sur la table... Quelques instants plus tard, nous parvenons à retrouver l'énergie de nous rééquiper pour redescendre par l'arête du Gouter où il faudra désescalader... Il est alors plus de midi et ça fait fait plus de 21h que nous sommes partis de Chamonix.

La descente par l'arête du Gouter sera laborieuse, je refais ma cordée avec James, son soutien me sera indispensable pour rallier le refuge de Tête Rousse 800m plus bas et 2h plus tard. Nous arrivons malgré tout et y retrouver le reste de la troupe là bas nous galvanise un peu. Je suis dans le dur, le très dur même. Je tente de renfrogner quelques moments d'agacement qui traduisent d'une fatigue profonde. Allez, un dernier effort pour rallier le refuge su Nid D'aigle et là bas le tramway du Mont Blanc nous attendra pour sa berceuse... ;)

Nous repartons du refuge de Tête Rousse tous les 8, il n'y a plus de cordée dorénavant mais nous gardons les crampons au pieds. En effet, nous n'allons pas prendre le chemin de l'aller puisque nous allons descendre par le glacier... descente façon luge sur les fesses, efficace, ludique et rapide ! J'y casserai malheureusement mes bâtons :(

Nous voila tous arrivés sains et saufs à Nid d'Aigle... L'aventure va bientôt s'achever. Nous sommes trempés par cette descente sur la neige. Nous attendons le tramway qui va tranquillement nous ramener en vallée. ça fait presque 24 heures dorénavant que nous sommes partis de Chamonix, nous ne rallierons pas la ville à pied sur cette dernière portion (Olivier fera lui le reste à pied, chapeau !) comme cela était prévu sur le projet initial... Mais l'essentiel n'est pas là, nous sommes heureux d'avoir vaincu ce Mont Blanc, d'avoir vécu cette expérience collective unique ! Nous laissons les guides dans le train, eux s'arrêtent à une autre station. Les adieux sont chaleureux, nous avons vécu une aventure singulière avec eux et je les remercie de cela !!!

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C'est maintenant la fin de ce récit, la fin de cette aventure. Nous revenons sur Chamonix pour y passer une dernière journée avant notre départ, nous assistons en spectateur à l'arrivée du 80km du Mont Blanc et au kilomètre vertical.

Cette aventure aura été pour moi une expérience unique car elle m'a fait explorer l'inconnu: intérieurement dans mes limites physiques et mentales et extérieurement dans ce dépaysement qu'offre le décor de haute montagne. J'ai accompli quelque chose que je ne referai certainement jamais, quelque chose d’inoubliable... un cadeau unique en somme. Alors merci encore à tous ceux qui me l'ont offert, à ceux qui l'ont partagé avec moi sur la cordée mais aussi avant sur d'autres projets ! j'ai conscience de la chance que j'ai eu à vivre cette expérience, merci aussi à James, Pascal et Pierre, des chouettes gars passionnés !

Maintenant, un peu de repos et place à de nouveaux projets ! Il parait que je fais le Grand raid des Pyrénées fin aout ! ;-)

Sportivement,

Julien

caro 14/07/2014 22:26

j'ai lu les 2 récits.... très émouvants. Mais ça calme! :)

leroy jean louis 13/07/2014 21:26

Bravo pour ton récit ,je suis fier de toi !!

gg 13/07/2014 11:07

Vraiment heureux d'avoir partagé cette incroyable aventure à tes côtés, qui plus est...sur ta cordée! Merci d'avoir réussi à retranscrire aussi bien ces différents états...Je vois que tu as eu la diplomatie de ne pas relater mes grands moments de "moins bien" et mes qq ronchonnements! ;) Bravo encore pr ta vélocité dans l’ascension...Tu ne le dis pas..trop modeste pour cela...mais tu étais LE costaud du groupe!

Marie 12/07/2014 23:13

Pas de mot pour commenter ton récit ! Merci ! Et je suis ravie d'avoir pu participer un peu à ce moment magique que tu as su retranscrire de manière juste ... whaou !

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