Cross de Beauregard... ça calme !

Cross de Beauregard... ça calme !

Dimanche 18 janvier, il pleut abondamment depuis ce matin, comme presque tout les jours ces derniers temps. ça annonce un terrain particulièrement gras pour ce Cross de Beauregard auquel je participe sur la course Espoirs/Seniors. C’est la première fois que je m’aligne sur un cross depuis mes jeunes années où, à l’école d’athlétisme de Falaise, nous participions aux différentes épreuves de la région. Je m’étais dis l’année passée, alors que j’étais venu à Beauregard en spectateur, que je m’y inscrirais et comme ce cross est ouvert aux non licenciés, j’ai saisi l’occasion.

C’est mon premier dossard de la saison et je ne peux pas jouer plus à domicile sur ce coup là puisque le parc de Beauregard est juste en face de chez moi. En ce dimanche après midi, je me rends donc à pied chercher mon dossard et il pleut toujours. En arrivant sur le site, les courses ont débuté et le parcours en porte déjà les stigmates : la boue est épaisse, grasse et collante... ça promet.

Cross de Beauregard... ça calme !

Le dossard en poche, je retourne chez moi pour aller me préparer. C’est particulier que d’enfiler le dossard et partir de chez soi en courant pour se rendre sur la ligne de départ ! Sur le site, je retrouve Phiphi, Vinc’ et Jéjé qui sont venus assister à ce spectacle ;)... Leurs encouragements me motivent et je suis heureux de pouvoir compter sur eux pendant cette course où nous multiplions les tours autour du parc. En détail, ça donne 3 petites boucles et 3 grandes boucles, soit 9800m de réjouissance... Quelques minutes avant le départ, j’accélère mon échauffement par des lignes droites plus rapides même si sans pointes d’athlétisme, je glisse pas mal...

Sur la ligne, je me place dans les derniers, chacun des participants arbore le maillot de son club, et là, je me dis que la partie ne sera pas facile... On m’a prévenu que les départs en cross sont très rapides.

Cross de Beauregard... ça calme !

Le signal de départ est donné, j"ai le souffle court dès les premières foulées tellement l'allure est trop rapide pour moi, je m'efforce à rester collé au peloton (nous ne sommes que 70), impossible de me retourner pour savoir s'il y a du monde derrière moi... ça frotte à gauche, à droite, je sens les pointes des autres concurrents qui effleurent mes mollets, ouille...

A peine le premier kilomètre de passé, après un court raidillon dans la bouillasse et un dévers où je pers mes appuis à chaque foulée, je pense très fortement à arrêter... Je suis déjà exténué, ça va beaucoup trop vite pour moi et je ne me sens surtout pas à l'aise ni à ma place... Je m'accroche en me disant que je ne peux lâcher comme ça, allez on arrête de se plaindre et on y va !

Je croise une première fois les copains sur le bord du parcours à la fin du premier tour, j'ai juste le temps de dire à Jéjé que je vis un calvaire... Je ne sais pas comment expliquer ce que je ressens, je ne suis pas "dans la course" comme on dit, je ne parviens pas à avancer, je glisse, j'ai le cardio qui s'emballe... Je vais subir cette course et dans ce premier tiers, je n'ai qu'un objectif, avancer pour ne pas abandonner !

Arrive la fin des 3 tours de petite boucle, je tente de gérer une foulée à peu près régulière et le peloton s'est enfin étiré. Je me sens du coup moins oppressé et parviens, par séquences, à me détendre un peu. Je relève la tête pour aborder la deuxième moitié de course. Mes regards très réguliers sur la montre pour voir la distance encore à parcourir ne présagent rien de bon, j'ai hâte d'en finir... mais je vais finir et ça me satisfait déjà. Au début de la dernière boucle, en bas d'une descente, je suis pris de vomissements, il ne manquait plus que ça ! J'avance malgré tout et je tente de garder un rythme à 12km/h dans ce parcours défoncé par le passage des courses précédentes de la journée.

En remontant sur le parc, c'est la fin, plus que trois lignes droites, j'accélère et rattrape un coureur (2 m'ont rattrapé avant, mais bon...), je vomis à nouveau sur le dernier virage... .La ligne d'arrivée, enfin. Je la franchis à l'agonie et vomis encore, pas glam cette arrivée, je le concède ! Je n'en plus, j'ai tout donné et plus encore... Je vois les copains à l'arrivée après que les secouristes se soient assurés de mon état... A chaud, je suis dégouté de cette expérience, j'ai souffert comme jamais sur une course ! Plus jamais ça... ce qui les fait bien marrer, j'aurai au moins gagné ça ! Je me fais bien chambrer au passage !

Cross de Beauregard... ça calme !

J'aurais fait les 9800m en 46mn, ce qui me place dans les tout derniers de la course, mais l'essentiel n'est évidemment pas là. Je suis content de m'être accroché malgré tout, même si j'ai pris une grosse claque ! Le cross est un effort qui, du coup, ne me convient pas et je profite de ce modeste billet pour dire tout le respect que je peux avoir pour les autres participants qui les enchainent pendant l'hiver ! J'avais lu par ailleurs que le cross rendait humble et, aujourd'hui je peux dire que c'est le cas... ça fait du bien de vivre ça pour resituer un peu les choses et se dire qu'il y a encore du boulot ;)...

Bon maintenant, je vais poursuivre ma préparation pour le Trail Glazig en février, l'essentiel étant de ne pas s'être blessé et de pouvoir gambader plus tranquillement et sur des plus longues distances ! Bref avoir le temps de profiter... et c'est bien l'essentiel... ;)

Sportivement

Julien

cross 28/01/2015 23:51

Un cross, c'est la seule occasion de confronter : la piste, la route, le trail, et même les ultras.
Les meilleurs sont loin devant... mais c'est cool de se dire qu'on a fait parti du même groupe sur une course.
L'année prochaine : refais le avec une paire de pointe !

Yann 22/01/2015 09:20

Bravo pour ce "Petit Trail Rapide" ;o)

Yamos 21/01/2015 21:53

Belle et juste analyse!!! Bravo..tu l'as terminé, c'est déjà énorme!!!
Eric

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