l'UTPMA: 105km... de la boue et des copains !

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L’Ultra Trail du Puy Mary Aurillac est un ultra de 105km avec 5500m de dénivelé positif, c’était ma course objectif de l’année. Je dis « c’était » car depuis ma blessure au genou contractée fin avril après le Radicatrail, je n’ai pu me préparer pour cet évènement. Au mieux, j’ai pu faire des semaines à 5/6 heures d’entrainement, sans dénivelé et avec pour seule « sortie longue », le triathlon d’Arromanches… J’arrivais frais à Aurillac, c’est certain !

Mais, qu’importe, bercé d’insouciance et peut être de déraison, je ne pouvais résister à ce long week end avec les copains Jéjé et Lolo… eux aussi d’ailleurs un peu en manque de prépa.

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Nous arrivons à Aurillac le jeudi soir qui précède la course. Le départ a lieu dans la nuit de vendredi à samedi à 00h01 précisément. Le temps de se poser dans notre hotel situé en plein centre-ville, non loin du départ, et le vendredi matin nous partons tranquillement chercher le dossard. La météo est exécrable, il pleut sans discontinuer depuis notre arrivée, pas une once de soleil à l’horizon. Nous scrutons les prévisions météo qui n’annoncent rien de bon pour la course : de la pluie, des orages… bon, bon, bon… ça va être la guerre ;) !

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Le dossard récupéré, il est temps pour nous de rentrer à l’hôtel pour essayer de se reposer un peu. Il faut pouvoir gérer cette attente jusqu’à minuit, ne pas faire d’effort inutile et faire monter doucement la pression. Mais pour tout vous dire, voir l’eau ruisseler sur les fenêtres de notre chambre ne fait pas jaillir l’enthousiasme général chez mes compères et moi-même… On est plutôt sur un mode télé au fond du lit.

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Le moment du briefing d’avant course (18h) réveille un peu l’esprit un peu endormi du traileur… Le directeur de course nous présente le parcours dans le détail. Il y a quelques petites modifications par rapport au parcours initial, eu égard aux conditions climatiques, mais avec toujours 105km et 5500m de D+. Il nous prévient que les sentiers sont très gras. Son ton se fait plus grave quand il met le peloton en garde par rapport à la météo. Les baliseurs encore sur le parcours dans la matinée ont attrapé l’onglet en haut du plomb du Cantal (sommet où passe le parcours !) … La bonne humeur jusqu’alors palpable laisse place à des visages inquiets et quelque peu interrogateurs… en une fraction de seconde ! Bon, il va falloir revoir les plans alors et rajouter une veste intermédiaire et des gants dans le sac !

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Au sortir de ce briefing, je croise Alex avec qui on échange nos inquiétudes vis-à-vis des conditions qui nous attendent. Ça promet une sacrée aventure et cela occupe nos échanges au moment où nous nous rendons à la pasta party organisée pour les coureurs avant le départ. Nous nous abritons sous le parapluie dans la file d’attente … what else ? A table, il est même difficile de se faire entendre, la pluie se fracassant contre le chapiteau. La situation est improbable, et dire que nous allons courir dans environ 3 et pour un sacré bout de temps ! S’en suit d’ailleurs un fou rire mémorable à table dont nous nous souviendrons longtemps !

Bon, maintenant fini de plaisanter, il nous faut retourner à l’hôtel pour se reposer un peu ou en tout cas essayer. Nous hésitons, partir trop couvert au risque d’avoir chaud ? l’inverse ? Je décide, pour ma part, de partir en cuissard et manchons (une première !), avec sous couche manches longues et veste imperméable. Cela tiendra pour la nuit à mon avis. De toute façon, j’ai un change dans mon sac de course, ainsi que dans un autre qui m’attendra à la base de vie du Lioran situé au 50ème km. Je pourrais m’y changer étant donné les conditions.

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La pluie a cessé de tomber pour nous épargner avant le départ, c’est déjà ça de gagné ! Nous quittons la chambre d’hôtel, fins prêts à en découdre, à défaut d’y être préparés ! j’espère que mon genou tiendra le coup, je ne me fais pas de plan, l’idée n’étant pas de se projeter justement. Profiter de l’instant, de la chance que j’ai de faire tout ça, de penser à mes chéries restées en Normandie… Bref, prendre un maximum de plaisir avec les copains… Et au diable la pluie ! Je sais que ce sera difficile, je sais que j’aurai des moments compliqués à gérer, mais il y en aura tant d’autres où les sensations seront présentes, où je me sentirai là, bien vivant au milieu des montagnes.

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Nous passons le dernier point de contrôle avant d’intégrer le SAS de départ. Il est presque minuit, juste le temps de prendre une dernière photo et il va être temps de partir. Ça y est, on y est, je passe sous l’arche, nous y voilà… retour à Aurillac au mieux dans une bonne vingtaine d’heures !

La route qui nous fait sortir de la ville emprunte une route qui s’élève vers le crêtes. Le rythme est assez rapide, je trouve, pour un départ d’ultra trail. Rapidement se présente le premier chemin. Ça y est nous nous enfonçons dans la nuit et l’euphorie du départ laisse place au silence du peloton dans la nuit… juste le bruit des pas… et des premières glissades dans la boue ;)… N’est-ce pas Lolo ;) ?

Le sentier montre progressivement, je suis avec Jéjé et Lolo, nous sommes prudents. Nous fermons même le peloton au départ. Je ne me sens pas très bien, même si je m’efforce à ne pas paniquer. Nous n’avons pas fait 5km que les jambes sont déjà lourdes, je m’hydrate bien pourtant (mélange eau et coca). Allez, il faut laisser passer l’orage… Je suis les gars en mode automatique… Les sentiers ont effectivement bien gras mais rien d’insurmontable pour l’instant. Le peloton est encore compact, pourtant nous ne sommes « que » 620 au départ… ça devrait s’étirer assez rapidement tout ça.

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La pluie s’est à nouveau invitée à la fêter, une petite pluie avec un léger brouillard qui rend la vision de nuit assez délicate. Malgré tout, le faisceau des lampes frontales nous fait avancer… souvent de façon hasardeuse d’ailleurs.

17,5 km de parcourus en 2h44 de course et nous voilà au CP1 de Velzic. Alors là, quelle ambiance ! Nous entrons dans une salle des fêtes transformée en boite de nuit pour l’occasion, le contraste avec la quiétude des sentiers est saisissant ! Mais c’est super sympa et ça rebooste bien le moteur qui en avait besoin pour ma part ! Un bouillon, un petit sandwich au cantal et c’est reparti !!!

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A la sortie du ravito, il fait bien frais dehors... Il faut remettre du rythme pour ne pas prendre froid... réchauffer le corps devient urgent. Alors pour ça nous courons dès la sortie du ravito pour refaire monter le cardio. C'est la première vrai montée qui nous attend pour nous mener vers Elancèze (1571m). Nous sommes encore à 700m d'altitude donc ça promet une belle montée dans la nuit et la pluie...
Jéjé et Lolo mènent l'allure au début de cette montée. Je me range derrière leur pas, nous montons au train, au rythme des batons. L'allure est bonne, et très nous n'avons plus froid ;) ! Le sentier n'est pas très technique mais ils sont très gras donc les appuis sont fuyants. La montée s'entrecoupe de courtes descentes avant d'arriver au sommet. Le sentier est de plus en plus gras, on s'enfonce dans la gadoue! Aucune parole, aucun bruit, les coureurs se doublent dans le silence... C'est impressionnant ce silence, certainement provoqué par la nuit, par la difficulté de cette portion également...

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Le sommet est passé, il faut maintenant gérer la descente, mais le soleil se lève et cela revigore... Je m'empresse d'enlever la frontale qui m'oppresse le crâne, ça fait un bien fou de ne plus être focalisé sur cette unique faisceau de lumière ! La descente se passe bien, nous parvenons à trottiner jusqu'au CP2 du Col du Perthus.
6h29 de course, 34km de parcourus pour arriver à ce ravito. Il pleut toujours bien sûr et le petit chapiteau monté pour l'occasion a du mal à contenir l'afflux des coureurs... C'est la guerre pour aller se chercher une soupe ;)... certains comptent surement sur les pauses ravito pour gagner des places et te passer devant comme si de rien était... esprit trail ?
Du coup, nous ne profitons pas de cette pause, nous rechargeons les bidons, nous grignotons un petit sandwich et c'est reparti ! Pour l'instant, je parviens à bien m'hydrater et à bien m'alimenter, c'est déjà une victoire ! Les jambes répondent convenablement après plus de 6h de course, ça va. Nous gérons de toute façon l'allure avec pour seul objectif de parvenir au prochain ravito, de passer les barrières horaires avec une petite marge de sécurité... bref, un pas après l'autre, ravito après ravito pour fractionner l'épreuve... c'est la stratégie.

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le sentier ne monte presque plus et nous allons entamer la dernière partie de la descente pour rallier Les Chazes à 1000m d'altitude. il faut gérer les appuis forcement incertains, j'emmène notre petit trio dans un sous bois et au détour d'un virage je m'abaisse pour éviter un arbre qui bloque le chemin... sauf Lolo derrière moi qui, lui, le percute en pleine tête... S'en suit un étourdissement pour notre Lolo, mais c'est un roc et nous reprenons notre bonhomme de chemin !
Nous arrivons aux Chazes après cette descente qui a bien sollicité les cuissots. Vient maintenant la plus grosse difficulté du parcours, à savoir la montée vers le Plomb du Cantal (1855m d'alt). Ca fait donc une belle montée de 800m de D+ au programme. Il faut se mettre en mode montée longue, les bâtons m'aident considérablement depuis le début de la course, d'autant plus avec cette boue qui rendent les appuis vraiment glissants. La pluie est toujours omniprésente, parfois on l'oublie même... Je n'ai bien sur pas quitté la veste imperméable (Salomon Bonatti) depuis le début de la course...

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Alors en pleine montée depuis quelque temps déjà, je creuse un peu l'écart avec les gars. Jéjé ne semble pas au mieux... Je me retourne pour retrouver mes compères et, toujours pendant notre ascension, Jéjé nous dit qu'il a arrêter au prochain CP du Lioran. Il ne sent pas bien et ne profite pas de la course. Cela étant, il est vrai que vu les conditions, il est vraiment difficile de trouver du plaisir à courir en montagne aujourd'hui...
Nous basculons pour la descente vers Le Lioran un peu en dessous du sommet du Plomb du Cantal. Jéjé est un peu plus loin quand nous entamons la descente. Le ciel semble nous proposer une trêve et nous pouvons distinguer quelques montagnes environnantes... enfin. Nous arrivons assez vite au Lioran qui annonce l'arrivée au CP3.

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CP3, Base de vie du Lioran, 51km et 9h56 de course. Nous avons remonté pas mal de places depuis le départ ce qui prouve que malgré nos difficultés, nous avançons quand même pas si mal. Et à voir les visages et attitudes des autres traileurs, nous ne sommes pas seuls à souffrir de ces conditions météo difficiles. Nous prenons le temps de faire une bonne petite pause. Un petit casse croute avec une soupe pour ma part, Jéjé reprend des couleurs en prenant le temps de s'alimenter, ça va aller et il va repartir avec nous, cool.
Nous allons ensuite récupérer nos sacs transportés par l'organisation sur cette base de vie. Ainsi, je peux me changer et pouvoir profiter de vêtements secs ! Nous voilà fin prêts à repartir tout neufs

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Il fait assez doux quand nous repartons du Lioran, il serait presque tentant de retirer la veste mais je ne cède pas à cette douce euphorie... Très vite, nous attaquons la prochaine ascension qui nous emmènera au Puy Mary après une portion sur les crêtes... ça promet ! L'ascension débute bien, en sous bois, j'ai du mal à remettre les jambes en route mais ça tient. Jéjé a repris un bon rythme et Lolo est toujours aussi bien. Rapidement cependant, le temps se charge à nouveau et nous revoilà sous la pluie ... rrrhhh
Je ne vous parle même pas des sentiers qui sont gorgés d'eau avec de la boue omniprésente, du fait de la pluie qui tombe sans discontinuer depuis des jours... Nous parvenons au sommet, et nous voici sur un sentier de crête... qui doit être magnifique par temps clair. Mais là c'est apocalyptique, il fait froid, le vent de coté nous gifle le visage... Sans compter la pluie qui pique les joues...

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C'est vraiment un combat que de progresser vers le Puy Mary qui tarde à s'annoncer... Que c'est frustrant de ne pas profiter des paysages, mais c'est la montagne, et il s'agit de rester humble. Alors on progresse, on avance comme on peut pour enfin apercevoir la croix qui nous fait basculer au sommet du Puy Mary ( 1783m). La descente est assez facile car aménagée pour les touristes, la piste est donc large avec des marches... Mais physiquement, je creuse et j'affronte un bon coup de moins bien à mon tour, Lolo peine un peu également et c'est Jéjé qui mène la danse et nous attend au Pas de Peyrol qui constitue le prochain CP.

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CP4, Pas de Peyrol, 13h18 de course pour 61km de parcourus. Je ne suis pas au mieux, mais bon on a dépassé la moitié, le vent et la pluie ont raison de mon enthousiasme... Je refais le plein des bidons, avec uniquement de l'eau depuis pas mal de temps. Je prends également une soupe. Allez nous repartons tous les trois... poursuivre l'aventure, ne rien lâcher.
Après une courte descente, nous bifurquons à gauche pour un sentier en devers qui semble avoir été ouvert pour l'occasion. Et c'est là que débute le "pénible", le "sentier qui n'en a que le nom" est chaotique. A la boue qui recouvre les chaussures, se mêle les bouses de vaches mais aussi l'eau qui ruisselle des montagnes... Impossible de courir ! Et puis la pluie a redoublé, je vous laisse imaginer le tableau, on est bien loin des belles vidéos de trail !

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Le sentier grimpe ensuite pour arriver au Puy Chavaroche (1739m), il y a même un petit ravito intermédiaire où je déguste quelques figues salutaires. Le vent et la pluie glacent les guiboles et nous ne sommes pas protégés par des arbres... Que dire également des bénévoles qui sont postés ici, et qui nous encouragent sous ce déluge ! Quel dévouement, ici on mesure la gentillesse des gens, comme quelque chose de désintéressé qui réchauffe l'esprit... un grand chapeau à eux !
Nous attendons avec impatience le moment où nous pourrons basculer vers Mandailles pour une descente de 800D-. Au moins, on sera abrité du vent. Allez, on y arrive, et c'est parti pour une longue descente qui va achever les cuisses. Mais, nous nous efforçons à courir pour rester dynamique sur les appuis. Donc, ça va on descend à une bonne allure.

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CP5, Mandailles, 15h28 de course pour 70km de parcourus. Nous avons remonté encore quelques places d'après le classement intermédiaire... Surprenant. Nous faisons une bonne pause, cette dernière portion a creusé les organismes. Et ça se voit à nos regards quelque peu hagards... ça fait plus de 15h qu'on est en course, donc forcément ça se voit. Il y a une éclaircie qui nous a accompagné sur la descente, mais déjà le ciel se couvre à nouveau et nous avons froid à rester statiques trop longtemps. C'est le signe qu'il ne faut pas s'éterniser et repartir au plus vite !
En route ! Nous repartons tous trois en marchant vers une nouvelle belle montée qui nous emmènera quelque 500m de D+ plus haut. Les bâtons sont indispensables aujourd'hui, je pousse fort dessus pour m'aider à monter, c'est une aide précieuse. D'ailleurs, quasiment tous les concurrents en ont. Nous arrivons assez vite au sommet, avec notre petit rythme de montée régulière. Une fois en haut , nous sommes interrogatifs car il n'y a que la descente avant le ravito sur le profil sur 10km ! En effet, nous nous apercevons que le sentier ne descend pas tout de suite et nous avons une longue portion de plat sur un sentier défoncé avant de redescendre... Interminable. Je décide alors de forcer un peu plus en courant dès que possible pour ne pas passer des heures sur cette portion. voilà la descente qui annonce la fin de ce replat, ouf.

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Une fois redescendus, nous arrivons sur les bords de la Jordanne, la rivière qui jalonne le parcours. Nous la traversons à plusieurs reprises via des pont aménagés. Le site est remarquable, avec des cascades et des gorges vertigineuses... ça fait du bien, nous sommes abrités par les hautes parois rocheuses et enfin , nous pouvons admirer le paysage qui nous entoure... J'essaie malgré tout de ne pas baisser de rythme et j'emmène toujours mes deux compères vers le prochain ravito qui s'annonce.
CP6, Lascelle, 19h24 de course et 86km de parcourus. Celui- là, je l'attendais avec impatience, cette portion était longue. Il reste 19km avant ce qui s'annonce comme une véritable délivrance ! Nous sommes très marqués. Je prends le temps de bien m'alimenter avec un sandwich cantal, des figues et une soupe. Je n'aurai pas souffert de troubles digestifs pendant cette course, et c'est une sacrée victoire déjà ! Allez, il nous reste moins de 20km, ça va le faire. Un petit salut aux bénévoles encore une fois adorables et nous voilà repartis !

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Nous repartons en courant en longeant un joli plan d'eau et là, virage à gauche et c'est un véritable mur qui se présente à nous! Le directeur de course nous avait prévenu la veille et effectivement c'est une côte assez courte mais ça grimpe sec ! Alors on pousse sur les bâtons et les cuisses et c'est parti ! A peine redescendus, qu'une nouvelle côte se présente, ce sera la dernière, 300m de D+... On prend le temps qu'il faut et l'absence de parole témoigne de la difficulté de cette ultime ascension... Une portion de bitume en faut plat descendant permet de dérouler un peu en haut. La descente est assez agréable car pas trop boueuse... Nous accrochons un petit peloton pour descendre à bon rythme. Une alternance de courtes montées descentes nous porte vers le prochain CP. La nuit arrive et nous revoilà vissés des frontales.

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CP7, Saint Simon, 98km de parcourus en 21h49. Pfiou. L'arrêt est assez bref, l'ambiance du peloton se fait plus légère, la douce odeur de l'arrivée peut être ? Il reste 7 km, alors pas question de craquer, on y est presque. On repart en alternant course et marche, le directeur de course avait annoncé une fin roulante en plus.
Mais rapidement, nous déchantons littéralement ! Le sentier emprunte une ferme et une longue portion de champ à vache en devers... l'horreur!!! Nos pieds disparaissent sous la boue, nos pieds pèsent des tonnes... je ne vous parle même pas de l'odeur ;) ! Cette fin de parcours est vraiment pénible et je vous épargne des quelques noms d'oiseaux qui ont fusé à ce moment !
Nous quittons enfin ce bourbier pour une piste plus large, nous voyons les lumières d'Aurillac, il reste moins de 4km. Nous pensons alors que nous allons enfin redescendre tranquillement vers la ville... mais c'est sans compter sur un nouveau chemin bien boueux que nous empruntons pour longer la ville ! Que c'est long !!!
Allez, enfin, nous sortons de ce calvaire, pour arriver en ville. Il reste 1km nous annonce un courageux signaleur qui a bravé la nuit. Alors là on profite, que c'est bon d'être tous les trois, de franchir enfin une finishline ensemble, ce n'était jamais arrivé depuis toutes ces courses parcourus ensemble ! Alors ce dernier km, on le savoure !!!

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On longe la rivière, virage à droite pour monter vers l'arrivée... Nouveau virage... dernière ligne droite !!! Quelques spectateurs nous applaudissent alors qu'il est presque minuit... Que c'est bon ! Nous nous tenons alors les main pour franchir l'arche et lever ensemble les bras au ciel ! Putain... On l'a fait ! 23h22mn d'aventure pour ces 105km et 5500m de D+ ! Nous sommes éreintés !!! Nous finissons 234, 235, 236eme/627 partants... Il y a eu près de 300 abandons, c'est dire la difficulté du périple !

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Pour conclure, que retenir de cet ultra ? Je suis allé au bout de mes capacités aussi bien physiques que mentales. Physiquement car je ne m'étais pas préparé et sur un tel effort ça ne pardonne pas! Mais le corps a une bonne mémoire et je ne pensais pas pouvoir faire ça avec la forme du moment ! Et mentalement, je suis allé cherché des ressources encore peu explorées grâce à notre trio infernal ! Seul, je n'aurai pas fini, mais avec Jéjé et Lolo tout est possible !!! Merci les gars...
Et le plaisir alors ? Après tout, j'ai choisi de faire cet ultra, j'ai même payé pour souffrir ! Le plaisir n'est pas immédiat, car on a pas vu les paysages que l'on a traversé, car la boue a lavé notre entrain, car la pluie a mouillé notre enthousiasme... Mais le plaisir d'avoir traversé cela, d'avoir atteint l'objectif est hyper satisfaisant. L'ultra trail c'est pour moi un peu plus que du sport, avec tellement d'aléas... c'est une grande loterie où parfois on gagne, parfois on perd, comme dans la vie. Le tout est alors de minimiser les chances de perdre.

Je voudrais remercier Charlène, ma chérie qui me permet de vivre ces expériences un peu folles et incompréhensibles... Merci à tous pour les encouragements pendant la course, les messages, etc. Vraiment.
Et à (très) bientôt pour de nouvelles aventur
es !

Julien

Christophe 19/07/2016 22:35

Bravo à tous les trois et merci à Julien pour ces récits toujours aussi palpitants. Au plaisir de courir avec vous.

Julien Leroy 20/07/2016 09:15

Merci Christophe

Jean 25/06/2016 10:56

Super article encore. Merci pour ce récit.

Val 22/06/2016 22:05

Cet article est passionnant . Merci Julien de nous faire vivre cet Ultra grâce à ce récit savamment rythmé et illustré.
Respect à vous trois

julien 22/06/2016 22:19

merci beaucoup val'

gg 22/06/2016 20:49

Excellent moment de lecture comme d hab' mon ju'! Bravo! J ai revécu notre aventure ...j aime beaucoup la conclusion ! ;-)

julien 22/06/2016 21:10

merci mon gg, pour la conclu je me suis rappelé de nos dernières conversations ;)

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