La 6000D, pour une belle journée de montagne !

La 6000D, pour une belle journée de montagne !

9h35 que je parcoure ces montagnes, ce dénivelé positif de 3500m , ces 65 bornes et cette longue descente qui me traîne jusqu'à l'arrivée... ce fût une sacrée journée de trail sur cette 6000D. Mais reprenons depuis le début...

Cette course n'était pas forcément prévue dans le calendrier de l'année, elle s'est présentée comme une opportunité que j'ai bien sûr saisi... En effet, elle se glissait bien dans le calendrier, un mois après l'UTPMA et venait clore ma première partie de saison. Le timing était néanmoins serré, il me fallait faire la route le vendredi, prendre le départ de la couse le samedi et revenir le dimanche vers la Normandie. Qu'importe, tout est calé, c'est le principal !

Alors qu'est ce que cette 6000D ? C'est une épreuve mythique qui se déroule à Aime, sur la station de La Plagne, en Savoie. Et en 2016, c'est déjà la 27ème édition de cette épreuve singulière qui peut se résumer en une montée et une descente ! En effet, le profil est simple, le parcours emprunte une longue portion de montée entre le départ situé dans le bourg d'Aime à 673m d'altitude et le glacier situé à 3047m. Une fois en haut, nous sommes à mi course et le parcours nous fait redescendre par un autre versant vers Aime pour une belle boucle de 65km et un peu plus de 3000m de dénivelé positif (6000D correspond au dénivelé cumulé).

La 6000D, pour une belle journée de montagne !

J'arrive sur la Plagne en fin d'après midi la veille du départ. J'ai juste le temps de récupérer le dossard et d'aller m'installer dans mes quartiers situés dans une chambre d'hôtes bien sympa aux alentours d'Aime. Je prépare mes petites affaires pour le départ de la course, je vais étrenner le nouveau (et tant attendu) maillot des Trailers Normands. Je m'aperçois en trainant sur Facebook que nous serons quelque uns de cette "communauté" au départ de la 6000D.

Je fais la connaissance de traileurs angevins et alsaciens qui sont logés au même endroit que moi, je vous laisse imaginer nos discussions pendant le repas du soir... Mais le temps passe trop vite et il est déjà le temps d'aller se coucher car le départ à lieu à 6h le lendemain dans la vallée... Comme d'habitude, la nuit n'est pas terrible.... et comme d'habitude j'essaie de m'en accommoder.

La 6000D, pour une belle journée de montagne !

Jour de départ. J'ai hâte d'en découdre et d'aller me dégourdir les pattes. Un bon petit dej' avalé, la tenue enfilée... direction Aime ! Je me sens bien , le temps est très doux, je cours en cuissard et maillot. Je me place en milieu de peloton, l'ambiance est super agréable.

Allez, le compte à rebours est terminé, il est 6h, c'est parti ! le départ est assez tranquille, ça me convient plutôt bien et je peux ainsi échauffer les gambettes ! le parcours nous fait redescendre un petit peu avant d'apercevoir les premières portions d'ascensions. Les premiers coureurs marchent, mais la majeure partie du peloton trottine encore malgré la montée... il me faut être prudent et ne pas m'emballer, on va monter pendant 2500M de D+... patience ! Je marche bien quand ça monte, je relance en courant dès le moindre replat, non pas pour faire la différence mais juste suivre le mouvement du peloton... Il y a des costauds !

Le soleil se lève sur les montagnes, et dès que l'on quitte les sous bois, le spectacle est saisissant, la montagne se réveille et le soleil réchauffe les traileurs :) !

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J'arrive à Plagne Montalbert, situé à 1350m d'altitude. Déjà 700m de dénivelé de fait et les jambes répondent bien, j'alterne course et marche suivant la pente et en m'aidant bien des bâtons. Déjà, les premiers spectateurs nous encouragent dans ce bourg, la montée continue entre alpages et sous bois avec quelques replats qui permettent de varier les allures. Je retrouve un des traileurs angevins qui a une bonne allure, je me cale dans son rythme.

Nous arrivons à la piste de Bobsleigh des JO d'Albertville. Une des particularités de cette course consiste à emprunter cette piste dans le sens de la montée bien sûr. J'y arrive après 14km de course, le contrôle de course me pointe en 493ème position après 1h58 de course. La piste est bétonnée, la montée est assez douce et nous courons dedans. La musique résonne à travers les enceintes qui jalonnent notre ascension, c'est grisant ! Et que dire du comité d'accueil en fin de piste, il y a un monde fou qui encourage, fait teinter les cloches, etc. C'est excellent !

Bon, il faut se reconcentrer maintenant, virage à droite et courte redescente où j'allonge la foulée. La montée va reprendre de plus belle pour aller chercher les 2000m au premier ravito de Plagne Centre.

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Je monte à bon rythme, le soleil commence à chauffer un peu et j'apprécie cela. J'arrive au premier ravitaillement situé au 20ème km après 2h48mn de course, à la 459ème place. Je refais le plein d'eau dans mes bidons, avec un peu de coca. Quelques Tucs, je ne traine pas trop, c'est reparti, il y a encore un peu plus de 1000m de dénivelé au programme !

Le sentier est large, une piste en faux plat montant qui n'est pas facile à appréhender car on est tenté de courir... au risque de se cramer les cuissots. Donc j'alterne. Nous retrouvons les coureurs de la 6D Lac, le sentier est un peu engorgé pour le coup ! Mais les paysages sont magnifiques et j'en profite pour faire quelques photos.

Le sentier s'élève pour atteindre la Roche de Mio à 2681m d'altitude au 27ème km. J'y arrive après 4h07 de course en 386ème position, je remonte quelques places depuis le début de la course. Je me sens bien en montée.

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C'est la première descente qui nous ramène 200m de dénivelé plus bas. ça fait du bien d'allonger un peu les gambettes sur cette piste très peu technique. Mais je reste vigilant, il ne s'agit pas de trop puiser avant l'ultime montée du glacier. J'arrive alors au ravitaillement du Col de la Chiaupe (2491m)qui se situe au pied du glacier. Ce sera alors une petite boucle pour revenir tout à l'heure sur ce ravitaillement. Je me sens encore assez bien, même si inévitablement ça commence à creuser un peu et à tirer sur les jambes. Je prends donc le temps de bien refaire le plein avant de repartir du ravito.

Et c'est parti pour cette fameuse montée au Glacier à 3047m d'altitude précisément. Je sais que ça va être difficile, alors je cale mes pas dans ceux du coureur devant moi. Il avance à un rythme qui me convient, je m'efforce de ne pas trop lever la tête car ça va être long... J'aperçois des coureurs qui redescendent et en terminent eux avec cette montée. Allez on serre les dents, je connais ce type d'effort, pas de panique il faut gérer, monter de façon régulière... et pas après pas, atteindre le sommet.

C'est chose faite après 5h07 de course, 32km de parcourus et une 344ème place, encore quelques unes de grappillées...

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La neige est bien présente à 3000m d'altitude, par petits picots, comme la meringue sur la tarte aux citron... ;) On monte encore un petit peu avant de basculer pour la descente. C'est parti, je me sens à l'aise dès les premiers lacets, je double sans trop forcer, j'essaie de ne pas trop me griser, j'en profite pour m'alimenter. On traverse des névés, forcement je descend en glissade sur les fesses pour me rappeler aux bons souvenirs du Mont Blanc ;) !

La descente vers le ravito se passe bien, c'est à mon tour d'encourager les coureurs qui font leur ascension vers le glacier. Je m'arrête au ravito du Col de la Chiaupe, pour boire un coca, grignoter quelques noisettes, refaire le plein d'eau et repartir assez vite pour continuer la descente. Les cuisses répondent bien, je n'ai pas de douleur particulière.

La descente se fait de moins en moins raide, avec des portions à plat, je cours toujours, je crains de le payer un peu plus tard mais je continue ma progression. Les paysages sont magnifiques, on peut lever la tête et profiter de cette belle journée de montagne.

La 6000D, pour une belle journée de montagne !

Au pointage du Chalet du Carroley, je suis 300ème après 6h18 de course pour 40km. Je pense que je vais payer cette portion descendante... Et la vient la dernière difficulté, le Col de l'Arpette. Une dernière montée de 300D+ et dès les premiers segments, je pioche et ne parviens pas à accrocher les 2 gars devant moi. Encore une fois, pas de panique, je vais gérer ce passage à vide du mieux possible. La montée n'est pas très longue et j'arrive péniblement au sommet après 6h48 de course, 42km et je pointe à la 305ème place.

Et c'est reparti pour un profil descendant jusqu'à l'arrivée maintenant. Je peine à relancer mais je trottine, je me fais pas mal doubler. J'ai des douleurs lombaires et au niveau de la ceinture abdominale... d'ailleurs je ne parviens plus à uriner depuis un petit moment... ça me bloque pas mal, je suis obligé de m'étirer à plusieurs reprises pour détendre un peu la carcasse et bien sur, je m'hydrate le plus possible pour remettre tout ça en place. Je grimace pas mal mais je m'accroche, ça va passer. En contrebas s'annonce le prochain ravito de Plagne Bellecôte, je vous faire une petite pause salutaire.

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​J'arrive à Plagne Bellecôte, km 45, 333ème en 7h17 de course. Bon coup de moins bien depuis quelques kilomètres. Mais je sais que ça va tourner si je fais le dos rond. Je prends le temps de m'alimenter et repart. L'ambiance est vraiment sympa, on garde le sourire et c'est reparti !

Le prochain ravito est dans 10Kkm, ça m'aide à fractionner cette fin de course. je reprends mon rythme de course régulière, le sentier reprend les sous bois et nous alternons entre de la descente, du plat et de courtes montées. Je retrouve mon compagnon angevin et je m'efforce à l'accrocher, il est efficace et je reprend du poil de la bête en le suivant, merci à lui !

Nous arrivons donc à Montchavin sur un bon rythme après 8h20 de course et 55km, je suis 326ème. Ca va mieux et je ne traine pas sur cet ultime ravito, l'arrivée est dans 10km. Je suis toujours mon compère angevin, qui n'est pas là pour acheter un bout de terrain, il avance ;) ! Je parviens à l'accrocher sur 5kms mais je craque sur la fin.

Et c'est là que je vais souffrir. La fin de la descente est pénible pour mes cuisses, je me sens épuisé. Encore quelques kilomètres, il faut tenir.

La 6000D, pour une belle journée de montagne !

Je passe le bourg de Sangot et voilà cette fameuse piste cyclable dont j'ai beaucoup entendu parlé... et pas forcement en bien ;). Une longue ligne droite où je peine à trottiner. alors je m'efforce à courir 2mn, marcher 30 secondes, recourir 2mn, etc. Je m'accroche et entre dans le bourg d'Aime où il y a foule.

Allez, un petit tour en ville, un dernier virage et j'aperçois l'arche d'arrivée. Je suis super content d'en finir, 9h35 de course, 65km, 6000m de dénivelé cumulé.... et une 324ème place sur environ 1500 partants. Voilà c'est fini, quel soulagement !

La 6000D, pour une belle journée de montagne !

Cette course est vraiment sympa, elle se mérite tant elle est exigeante et a, selon moi, toute sa place dans les musts du trail en France. Le site de La Plagne est sympa, plutôt familial. Je suis content de mes sensations, j'a pu gérer un coup de moins bien, ne pas me démobiliser pour finir mieux. Ma petite expérience paye... ;) Alors, pour faire original, 6000 merci aux bénévoles et à mes proches pour les messages.... C'était une belle journée de montagne avant le retour sur mes terres normandes.

A très vite !

julien

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tidgis 18/07/2017 14:19

Merci pour ce récit de course sympa, qui me permet de mieux "préparer" les coups de mou sur la 6000d.

loic 24/08/2016 22:21

superbe recit,
bravo pour le chrono

Valerie 07/08/2016 06:16

Merci, une fois de plus, pour ce récit passionnant !!
Quelle ténacité !
ET bravos pour la performance !
Val'

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