Grand Trail des Templiers 2016: Grandiose !

Un évènement incontournable, c'est le rendez vous automnal de la saison de trail dans l'hexagone. C'était ma deuxième participation après celle de 2012 qui m'ouvrait alors les portes des trails longue distances ! J'avais adoré cette première il y a maintenant quatre ans et je me languissais de pouvoir revenir cette année avec Lolo et Jéjé.

 

 

Nous arrivons la veille du départ après une journée de route quand même, mais dans la bonne humeur qui caractérise ces week ends de trail. Il y a pas mal de monde aux environs du village départ. Nous suivons le traditionnel cérémonial d'avant course: retrait des dossards, salon du trail, retrait cadeaux coureurs... En fin de journée, nous retrouvons une petite délégation de traileurs normands pour un apéro un peu plus à l'écart de toute cette effervescence, moment très sympa !

Nous nous installons ensuite dans nos quartiers, le temps de belles tranches de rigolades, de casquettes à l'envers et d'un bon petit resto et voilà déjà venu le temps de se reposer en vue du départ du lendemain à 6h !!! réveil à 4h30... Aïe.

 

 

 

 

 

 

Départ, Millau... Dimanche 23 octobre 2016.

Il est temps d'émerger... Une belle journée s'annonce: 76km, 3500m de Dénivelé, un parcours sauvage et technique, une météo qui semblerait nous épargner, des copains ! Nous prenons lace dans le sas de départ... en toute fin de peloton ! En effet, nous arrivons tout juste 5min avant le départ, et pour bien se placer il fallait arriver encore plus tôt ! Nous fermons la marche d'un peloton massif de plus de 2200 coureurs ! Le départ est assez impressionnant, tribunes, écran géant qui diffuse le départ en direct avec un looonnnggg décompte, musique, fumigènes... Il ne manquait que les pompom girls ;) !

Le peloton s'engouffre sur la route qui mène vers la côte de Carbassas, la première difficulté du jour. Le peloton n'est pas encore étiré mais on parvient à courir sans trop de difficulté, il va falloir être patient. Nous quittons la route et le hameau pour un sentier où, pour le coup, les premiers ralentissements s'annoncent. Il fait encore nuit bien entendu, le regard est vissé au sol, le silence se fait dans le peloton, la course peut commencer...

 

Sommet côte de Carbassas, 1h et 23s de course, 1236ème, 6km

Le rythme est du coup assez tranquille et nous slalomons entre les coureurs pour grapiller des places et se mettre dans notre allure. Nous sommes tous les trois encore ce qui relève du miracle étant donné a densité du peloton. Une fois au sommet de cette première côte, nous pouvons courir à nouveau et dérouler les gambettes. La météo est douce, c'est très agréable même s'il y a du vent sur les plateaux des Causses.

Le jour se lève tranquillement, les kilomètres défilent sur cette première portion qui empreinte souvent de larges sentiers. On continue notre progression à l'approche de la première grosse descente vers Peyreleau, qui sera le premier ravitaillement. La frontale est éteinte dorénavant. Le sentier est très sympa, c'est dommage qu'il y ait du monde car on ne parvient pas à se faire plaisir sur cette descente assez technique. Il est très difficile de doubler... Nous entrons dans le village, l'ambiance est impressionnante, il y a un monde fou alors qu'il est à peine 9h en ce dimanche matin ! Le village est d'ailleurs super joli et nous arrivons au ravito par de sympathiques ruelles.

 

 

Peyreleau, 2h44 de course, 1004ème, 22km

Première vraie pause depuis le départ. Le ravito est super bien organisé, pas massif comme dans mon souvenir. En effet, il y a de petites tables espacées comme des stands qui laissent de la place pour les coureurs afin de se ravitailler tranquillement. Je prends le temps de remplir les bidons, de manger quelques morceaux de fromage, des Tucs, des abricots secs... Je me rappelle bien de la suite du parcours, ça va être un poil plus vallonné ! Nous sommes toujours tous les trois, c'est super de partager ce début de course ensemble !

Mais pas question de trainer, nous voilà repartis pour une belle bosse qui nous ramène sur les hauts plateaux des Causses. Encore une fois, ça bouchonne un peu en bas de la côte et nous ne pouvons prendre notre rythme. Alors, on fait comme tout le monde, on rentre dans le rang et on monte tranquillement sur environ 450m de D+.

Une fois en haut, nous retrouvons de superbes sentiers, parfois en sous bois où nous pouvons bien relancer et grappiller encore quelques places ! J'ai de bonnes jambes, je me sens bien préparé et je suis prudent. Surtout ne pas céder à l'euphorie, le chemin est encore long... Et n'est ce pas les gars, c'est à la fin de la foire que l'on compte les bouzes !

Le sentier est rarement plat, il faut constamment alterner les allures, relancer et nous arrivons au deuxième ravitaillement situé à Saint André de Vezines. Déjà 33km de parcourus...

 

Saint André de Vezines, 4h26 de course, 960ème, 33km

Nouvelle pause après un peu plus de 4h de course, le ravitaillement est situé dans une grange abritée du vent qui est bien présent aujourd'hui ! Je prends une soupe pour me réchauffer un peu. Lolo souffre un peu, quelques douleurs apparaissent mais il tient bon, c'est un guerrier.

Nous repartons ensemble sur une courte portion de route avec toujours autant de monde à encourager les coureurs, c'est impressionnant ! La suite du parcours est en faux plat descendant, nous courons à bonne allure en se faufilant entre des coureurs parfois. Le sentier est super joli, nous sommes principalement en balcon et nous apercevons au loin le Viaduc de Millau.

 

 

Les roches sont omniprésentes et elles trônent le long des sentiers. Les rapaces rôdent également, c'est majestueux. Ce passage de la course est superbe, les jambes répondent bien et en plus le paysage nous ravie ! J'avais entendu parler de cette notion du "flow" en course à pied, ce moment où tu te situe en profonde adéquation avec ton environnement, où l'effort n'est pas douloureux, où tu avances sans avoir la sensation de souffrir... Et bien, j'ai dû approcher ce ressenti à ce moment de la course !

Nous passons d'ailleurs sous un arche de pierre peu de temps après, non loin de la redescente vers le ravito en eau de La Roque Sainte Marguerite. C'est déjà plus technique, je parviens à me faire plus plaisir dans la descente, c'est agréable ! Les gars suivent tout près.

 

La Roque Sainte Marguerite, 5h51 de course, 823ème, 43km

J'au pu bien gérer la descente et je fais le plein d'eau sur le ravito. Les gars sont là également, nous avons déjà dépassé la mi course et tout les voyants sont au vert. Je suis satisfait car cela signifie que ma prépa était cohérente, les jambes répondent bien je suis vraiment sur un petit nuage !

A la sortie du village nous remontons directement sur environ 300m de D+. Je marche devant avec Jéjé et Lolo gère un peu plus derrière. Nous passons toujours quelques coureurs et arrivons rapidement au ravito de Pierrefiche.

 

Pierrefiche, 6h29 de course, 711ème, 47km

Déjà plus de 6h que l'on est partis, la forme et là même si les cuisses tient un peu, c'est normal ! Le ravitaillement arrive à point nommé pour refaire la plein d'énergie et faire redescendre un peu le cardio. Je suis avec Jéjé. Je prends le temps de bien m'alimenter, que ce soit avec du coca, de la soupe, du fromage ... et des Tucs, bien sûr. Sur la course, je prends quelques pompotes qui passent bien également. En tout cas, ça fait du bien de souffler un peu, de faire retomber un peu le seuil de vigilance, car courir si longtemps sur des parcours techniques requiert de l'attention et ces moments de pause sont salutaires aussi pour l'esprit ! Nous sommes prêts à repartir et Lolo n'est toujours pas arrivé, nous espérons qu'il va bien ! ...

Ah, le voilà, il est un peu marqué, il va faire une bonne pause également avant d'affronter ces 30 derniers kilomètres de la course. L'émotion est présente quand nous laissons le troisième larron, inconsciemment on aurait surement aimé finir tous les trois, mais ce sont les aléas du trail et chacun gère au mieux son avancée.

La prochaine portion va être longue car nous avons quasiment 20km à faire avant le prochain ravitaillement en eau. Les gourdes sont pleines, ça devrait aller ! Nous repartons donc tous deux avec Jéjé. Nous courons à bonne allure et doublons encore pas mal de coureurs.

Les kilomètres s'enchainent, je m'accroche à Jéjé mais je pense que je ne vais pas tenir le rythme, le chemin est encore long. Je n'ai, de plus, presque plus d'eau. La descente est longue vers Massebiau, et je commence à peiner un peu. Mais je cours, donc tout va bien. Jéjé est parti devant, go champion  !

 

Massebiau, 9h10 de course, 546ème, 66 km

J'arrive enfin à Massebiau ! J'ai remonté pas mal de places. Je suis par contre assoiffé et en arrivant je remplis une flasque d'eau fraiche que je vide d'un trait ! Je refais le plein de mes bidons et pars m'assois quelques instants pour consulter le topo que Lolo nous as imprimé ;) ! Alors il ne reste qu'une dizaine de kilomètres ! Super... Mais deux ascensions assez impressionnantes ! Dont celle ci qui arrive dont je ne me rappelle pas lorsque je suis venu courir en 2012.450m de D+ sur 2km. Bon, je prends mon courage à deux mains et je repars, bien hydraté certes, mais avec la fatigue bien installée dorénavant !

Allez il n'y a que 2 kilomètres avant le ravitaillement de la ferme du Cade au sommet. Je me rappelle de cet endroit très agréable, alors je me cale dans le pas de mon compagnon d'aventure du moment et on grimpe, on grimpe ! J'ai du mal dans cette ascension, je n'avance pas vite, le fait que je n'ai pas pris de bâtons n'y change rien... Je suis dans le dur, mon premier gros coup  dur de la course.

J'ai la tête qui tourne, je divague quelque peu, qu'est ce qu'il m'arrive ? j'essaie de rassembler des restes éparpillés de lucidité car, là, à cet instant, je ne me sens pas bien... Obligé de m'assoir sur le coté... Je pense que je fais une petite hypoglycémie, je n'ai rien mangé ou presque depuis le ravito de Pierrefiche, il faut que je me sucre ! Je sors une pâte d'amande cacao de mon sac (de chez Bio Coop Hérouville) et l'avale. ça devrait me suffire pour monter jusqu'au Cade, je rassemble mes efforts et me fais vraiment violence pour reprendre mon chemin ! Allez, je me mets dans les pas d'un autre concurrents et petit à petit je reprend un peu es esprits. En haut de la côte, je croise Laurent, un traileur normand venu nous encourager, merci à toi !

 

Le Cade, 10h06 de course, 539ème, 69km

Je suis enfin arrivé à la ferme du Cade. J'entend un bénévole crier à la volée: "Allez les gars, on se ravitaille et on termine!". Oui, c'est à peu près l'idée...

Je bois plusieurs Coca pour me resucrer, ça passe bien. Je prends également une soupe et m'assois quelques instants avant de partir pour les derniers kilomètres de course. On peut se poser la question, pourquoi avoir mis un ravito à seulement 7 km de l'arrivée ? Quand on sait qu'il reste le Puncho d'Agast à gravir, on est bien content de se poser quelques minutes dans cette ferme, avec un feu dans la cheminée, etc... Là, tout de suite, je n'ai pas trop envie de repartir mais on reste dans une course !

Action ! Je me rappelle des derniers kilomètres, je me rappelle de cette terrible dernière ascension du Puncho ! Je parviens à courir sans trop de difficulté à l'approche de la descente, il reste environ 5kms, ça va le faire. Nous empruntons un sentier en balcon qui surplombe Millau, c'est assez vertigineux, pas question de déraper ! ça y est nous sommes au pied de la côte ! Dernier effort ! Je me cale dans les pas d'un autre coureur, je suis mieux que dans la montée du Cade et celle ci est beaucoup plus technique ce qui me convient plus je pense !

ça râle dans le peloton ! La montée est technique, il faut souvent monter à quatre pattes pour être efficace, et ceux qui ont des bâtons sont bien embêtés je pense... Je double, je suis mieux. J'aperçois l'antenne relais qui annonce le sommet, je me rappelle bien. Je pousse sur les cuisses et parviens en haut, ça c'est fait !!!

On bascule ensuite vers la forêt pour redescendre sur Millau. Je me souviens d'une portion technique et très boueuse ! Mais cette fois on est au sec et je grignote quelques places en trottinant. Nous entrons ensuite dans la Grotte du Hibou, c'est hyper sympa de courir dans cette grotte éclairée par quelques rares lumières !

En ressortant, quelques virages dans la forêt et nous revoilà tout près de l'arrivée, peut être 1km maximum. Je cours, je profite maintenant. Quelques virages et j'entre sur l'arrivée, c'est noir de monde ! Je profite en finissant tranquillement, deux coureurs font le sprint mais je m'en fous ! Je me remémore cet arche d'arrivée franchie 4 ans plus tôt... Que de chemin parcouru depuis, que d'expériences vécues !

 

Arrivée Millau, 11h41, 535ème, 76km.

Et voilà, j'en termine avec ce Grand Trail des Templiers ! Jéjé fini en 11h07 et Lolo en 12h56, on est finishers tous les 3 , c'est génial !  Cette course est grandiose, nous avons été épargnés par la météo, sous la pluie ça ne doit pas être la même kermesse ;) ! Le parcours est réellement somptueux avec des terrains variés, et des passages beaucoup plus techniques qu'il y a 4 ans ! C'est le top !

C'était encore un super weekend avec les amis autour de cette passion du trail ! Le Festival des Templiers, c'est un peu comme un pèlerinage pour les amoureux de ce sport !

 

Allez à très vite... Il paraît que je fais un marathon dans un mois ;) ! !

Julien

 

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arnaud 10/08/2017 14:57

Merci beaucoup pour toutes ces infos en vue de l'édition 2017!

Julien Leroy 10/08/2017 14:58

De rien, j'y retourne d'ailleurs !!

Guillaume 10/02/2017 22:30

Bonjour, super recit qui donne envie! Les templiers est vraiment une course qui m'attire, a un (gros?) détail près: j'ai un vertige très prononcé. Quel est ton avis: les chemins sont ils à ce point en bord de falaise que c'est injouable pour moi? Merci!

Julien Leroy 11/02/2017 08:45

De mon point de vue ce n est pas vertigineux, il y a juste sur la partie finale où l on court sur un sentier en balcon qui domine Millau, à mon avis ça le fait

Bastien 18/11/2016 14:15

Bravo pour ces exploits. Ton blog donne envie d'écrire sur ses propres aventures de trail (à plus petite échelle :) ) Je vais m'y mettre. Merci!

Julien Leroy 18/11/2016 16:04

Ravi que mon petit travail t inspire

Tonnelier 29/10/2016 06:07

Tellement humbles vous demeurez tous les trois...Quand on lit cette masse d'efforts à fournir !! Vous remontez des places tout au long de la course : c'est inouï !
Grâce à ton article Juju nous apprenons aussi beaucoup sur les descentes; Il faudra que tu m'expliques pourquoi tu aimes tant. MILLEau bravos à vous trois. Sincèrement. Val'

Julien Leroy 29/10/2016 08:13

Mille mercis à toi

Gg 27/10/2016 13:25

Génial mon ju'! J ai revécu cette aventure! Merci

valerie 30/10/2016 05:39

Je ne pensais pas que certains * pouvaient "sprinter" à l'arrivée d'un Ultra Trail
* les deux dont tu parles

J'aime beaucoup la photo de l'arrivée où tu exultes ta témérité humble et joyeuse !

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