Trail Glazig 2017

 

 

Alies 'vez brav e Breizh, traduisez littéralement: il fait souvent beau en Bretagne... Mouais, et bien on n'a pas eu de la chance le week end dernier sur les sentiers du Trail Glazig du côté de Plourhan (22). Pourtant, tout était réuni pour une belle fête: une édition anniversaire pour les 15 ans de la course, un parcours inédit et rallongé à 54km pour l'occasion !

 

Mais qu'importe, car pour moi, c'est toujours un plaisir de revenir sur cette course, pour preuve j'y retournai cette année pour la 5ème fois. Le parcours et les sentiers y sont magnifiques, l'organisation y est très précise et l'ambiance y est tellement particulière. En fait, c'est comme un pélerinage pour moi, c'est mon rendez vous de début d'année pour un trail difficile, cassant, exigeant, bref... du brutal. Cette année, nous étions près de 1000 coureurs inscrits sur le 54km, sans compter tout ceux qui se présentaient sur les autres distances du weekend. Une vraie fête du trail en somme.

 

J'arrivai donc samedi en fin d'après midi pour récupérer mon dossard et me rendre compte, que chaque année, le village départ évolue... Cette année, et pour parer aux rafales de vent, l'organisation s'était dotée d'un grand chapiteau de cirque... Original ! Je récupère le précieux sésame ainsi que le lot participant. Je croise déjà quelques têtes connues et chacun s'enquiert de la forme du moment, de la météo annoncée...

 

Le soir, en arrivant à l'hôtel situé à Pordic, je procède au petit cérémonial de course, prépare ma tenue pour le lendemain, couvert mais pas trop, avec une veste dans le sac puisque le météo s'annonce incertaine...

 

Incertaine ? Ce qui est certain, ce sont les trombes d'eau qui tapent contre la fenêtre de ma chambre le lendemain matin alors que je me réveille... Il devient alors assez difficile de sortir de la tiédeur du lit pour enfiler un short et aller se faire rincer sur 54km !!! Et d'autant plus sur le Glazig, où les sentiers, déjà assez techniques, seront vraisemblablement immaculés de boue... Une chose est sûre, ça va être une journée épique, je le sens... Mais bon, ce que je sens surtout en sortant du lit, c'est l'odeur du café qui m'attend dans la salle de petit dej' de l'hôtel ! Alors je me hâte et maintient ma décision de partir sur la course en short malgré tout. Le petit déjeuner avalé, je regarde dehors, le regard pas hyper emballé, je l'avoue... et la pluie continue de tomber.

 

Je me rends sur le site de départ. il fait nuit noire encore, le temps est pourri, je vous laisse imaginer l'enthousiasme qui m'envahit... Mais ce sentiment est rapidement douché (ah ah) lorsque j'aperçois les bénévoles signaleurs qui orientent les véhicules à notre arrivée sur le site de départ. Eux, ce sont des courageux et sans eux pas de course !

 

Je finis de me prépare dans la voiture et opte sans hésiter pour la veste imperméable que je sors du sac. Allez, je m'extirpe de la voiture et rejoins le chapiteau de départ au petit trot afin de réveiller les muscles engourdis. Une fois, sur place, je croise Nicolas et d'autres de l'AS CHU de Caen, sympa de se voir ici !

 

Je me place sur la ligne de départ, le piétinement des coureurs rend le terrain déjà extrêmement boueux, je me place dans le premiers tiers du peloton pour ne pas revivre les ralentissements vécus il y a deux ans. Mon départ sera prudent comme d'habitude mais si je peux éviter les bouchons sous la pluie, ce serait pas mal... Le départ est donné, il est 8h et il fait encore nuit, je n'ai pas pris la frontale car il fera jour dans une demi heure et cela m'évite de la transporter tout au long de la journée.

 

Les premières flaques de boue se présentent à nous, certains coureurs essaient de retarder la confrontation en les évitant mais il faut se résoudre à l'évidence, les pieds secs ce ne sera pas pour aujourd'hui ! Le départ est relativement prudent, je sens que chacun essaie d'assurer ses appuis. Nous quittons rapidement le bourg de Plourhan pour s'immiscer dans les sentiers humides. C'est assez roulant pour l'instant, les chemins sont larges et permettent d'étirer le peloton pourtant assez dense puisque le speaker nous a annoncé à près de 950 coureurs au départ.

 

La première heure s'écoule assez rapidement, autour d'une moyenne d'un peu plus de 10km/h, je suis prudent. Je connais les difficultés de la course et il reste plus d'un marathon à accomplir. La pluie est d'ailleurs toujours aussi présente, la capuche va devenir mon alliée de la journée.Nous apercevons la côte au loin et à mesure que nous nous rapprochons, nous sommes de plus en plus exposés au vent... Ce trail prend des allures de tempête, et ce n'est que le début...

 

Juste avant le premier ravitaillement, situé vers le 12ème kilomètre, nous dominons la côte et le vent nous saisi littéralement ! Nous sommes déséquilibrés dans notre progression et il devient impossible de courir dans la descente qui nous relie au ravitaillement... C'est dantesque.

 

Certains coureurs commencent déjà à dire que c'est trop dangereux, le climat est particulier et malheureusement peu de gens s'attardent sous le chapiteau du ravito. Les pauvres bénévoles sont frigorifiés, ils ont du mérité à rester ici... L'un d'eux me remplit gentiment mes gourdes pendant que j'avale quelques figues et me voilà repartit, pour ne pas gamberger et rester chaud surtout. Le sentier s'élève de suite pour nous faire regagner la côte et le vent redouble ! Il est difficile en fait de rester concentré sur le principe d'une course, bizarrement je me focalise plus sur le spectacle qui m'entoure, la mer est déchainé, c'est très beau...

 

Le vent vient du nord et nous le prenons sur le côté ça gifle la peau et même les vestes les plus sophistiquées n'y peuvent rien je pense, je suis trempé ! Nous courons sur les falaises de Plouha, une nouveauté de cette édition 2017, une chose est sûre, je vais m'en souvenir ! Au niveau de la forme, ça va, presque 2h de course et je me sens vraiment bien.

 

Port Goret: 24km, 2h28mn18s, 282ème

 

Les minutes défilent, je m'hydrate correctement en plus de ce que l'on se prend sur la tronche, ce serait quand même un comble de se trouver déshydraté. Je m'alimente en pom potes, ce qui devient une habitude et prends des figues sur les ravitos. Cela me convient bien. Arrive donc le deuxième ravitaillement, les conditions météo sont toujours aussi terribles et les regards entre les coureurs deviennent de plus en plus hagards, comme sonnés par le froid humide qui s'installe. Je ne déroge pas à l'ambiance générale, car même en courant je commence à ne plus pouvoir me réchauffer, mes doigts sont engourdis et les bénévoles sont d'une aide précieuse au moment de remplir les bidons. Je repars très vite et m'efforce de ne pas penser au confort d'une voiture qui me ramènerait sur Plourhan...

 

Je retrouve des sentiers connus que l'on empruntait sur les éditions précédentes dans le sens inverse. Je décide d'accélérer un peu, au moins ça va me réchauffer et me concentrer davantage sur la course. Je cours sur les montées, je rattrape quelques coureurs et sur cette portion j'ai le couteau entre les dents comme on dit. La mi course est passée, je peux lâcher les chevaux...
 

Nous sommes toujours sur le sentier côtier, le fameux GR34, que nous ne quittons presque pas pendant une trentaine de kilomètres environ, malgré quelques incursions salvatrices dans les terres. Le parcours nous fait traverser Saint Quay Portrieux avec des passages sur les plages où il est tout aussi difficile d'évoluer sur le sable mou, en plein vent de surcroit. Et puis vient le moment, redouté, le fameux passage par la buse sous la départementale, ce moment ou tu traverses un tunnel avec de l'eau jusqu'à la taille, glacée, pendant 150 mètres... dans le noir, séduisant, non ? Je vous avoue que j'ai un peu maudit ce moment et qu'il a un peu figé mon enthousiasme.... bordel, que j'ai froid ! Il reste environ 20 kilomètres à parcourir, ça va se finir au mental cette affaire !

 

Je ne m'arrête même pas au ravitaillement d'Etables sur Mer, il est en plein vent, il me reste une gourde pleine, ça tiendra jusqu'au ravito du 46ème kilomètre, et de toute façon j'ai trop froid. Alors je trace ma route, toujours sur mon petit rythme, moins alerte certes, mais je relance à chaque bosse, je fais les descentes, bref, je suis dans ma course.
 

 

Binic 40km, 4h22mn48s, 204ème

 

L'arrivée à Binic sonne la fin de la portion côtière et donc le retour vers Plourhan, une bonne quinzaine de bornes et c'en est fini de ce périple ! J'ai encore repris quelques places, 80 environ depuis le 25ème kilomètre. Nous laissons donc le vent sur la côte pour retrouver... la boue, les montées et les descentes glissantes, les chutes... Je m'accroche, il en faut peu pour se dire : "et puis merde, à quoi bon..." Mais j'arrive à me dire que j'ai choisi tout ça après tout, que ça n'est que passager... et que la délivrance sera tout aussi belle à l'arrivée ! Et le Glazig, ne se laisse pas dompter comme ça après tout !

 

Le parcours alterne avec des montées sèches qui brûlent les cuisses et l'enthousiasme et des parties sur le plat tellement gorgées de boue qu'il est difficile de courir. Alors, de fait, je vais beaucoup moins vite...

 

Je regarde la montre de plus en plus souvent, les kilomètres ne défilent pas beaucoup plus vite, et ce n'est généralement pas bon signe. Arrive quand même le dernier ravito situé au 46ème kilomètre, il n'en reste plus que 8 ! Je fais le plein d'une seule gourde et néglige un peu mon alimentation, ce que je paierai, je pense, sur les derniers kilomètres.

 

 

A quelques kilomètres de l'arrivée, 4 je crois, je rejoins Stéphanie, c'est sympa de se retrouver en course, elle est un peu sonnée par les conditions de course comme nous tous mais elle avance drôlement bien ! Et le pire, c'est qu'en en échangeant ensemble, on se dit que cette course est superbe, les masos !

 

J'aperçois le clocher de Plourhan au loin, plus que 2 kilomètres m'annonce un signaleur, la foulée est bien moins véloce pour le coup, je me traine... Les derniers kilomètres après le ravito m'ont définitivement couté cher, et là je passe à la caisse... Allez 1 kilomètre, que c'est long, mais ça y est j'arrive au stade et c'est donc la fin, je n'en peux plus.... JE SUIS RINCE !

 

A l'arrivée, 6h06, 166ème/934 !

Je suis arrivé, enfin. Je suis un peu hagard et je file au ravitaillement car mon estomac crie famine, je n'ai pas assez mangé sur la course, c'est indéniable.

 

Avec le recul, cette édition était particulière, car plus longue que les éditions précédentes déjà, sur un parcours inédit et dans des conditions vraiment difficiles pour ne pas trop me répéter. Et bizarrement, c'est sur cette édition où je me suis le mieux senti en terme de sensations, le corps a bien répondu aujourd'hui, je n'ai pas eu de gros coup de moins bien, même si la fin de course était difficile. Encore une fois, l'organisation était parfaite, le Glazig devient un rendez vous incontournable de début de saison sur les trails en France, je ne suis pas objectif, mais j'en ai l'impression.

 

 

 

Pour conclure, je retiendrai le dévouement des bénévoles, leurs sourires et leurs encouragements malgré le froid, le vent et la pluie... De façon désintéressée de surcroit et par les temps qui courent, cet engagement a de la valeur, quoi qu'on en dise...

Julien

 

Sebastien 06/03/2017 15:55

Super compte rendu, merci!!

Romu 10/02/2017 22:34

Super, merci pour le recit, je m'y croyais. A bientot

David 09/02/2017 22:36

Sympa ton récit! Une sacrée édition cette cuvée 2017!

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