Le Trail des 2 Amants: c'est chaud...

 

L’ex Haute Normandie est une belle région de trail, et ce Trail des 2 Amants l’a nettement confirmé le weekend dernier.  Il fallait arriver préparé pour ce rendez vous, désormais assez incontournable, dans la région.  Le menu était alléchant ou indigeste, c’est une question de point de vue comme souvent… 53km et 1900m de dénivelé positif, rien que ça.

 

J’arrivais donc en ce dimanche matin du coté de Pitres, à 15 minutes de Rouen. Le weekend précédent j’en terminais avec la Diabolik de Ragnar, donc l’enchaînement était un peu osé même si je n’avais pas couru de la semaine, juste une brève sortie à vélo le mercredi. Et comme j’avais déjà couru ce Trail des 2 Amants en 2015, je savais à peu près à quoi m’attendre… ça allait être costaud, cassant, sur un vrai parcours trail, et avec le soleil de surcroît ! Que demander de plus ?

 

 

Mais bon, revenons au départ… j’étais à la bourre, juste le temps d’accrocher le dossard, d’enfiler la tunique des Trailers Normands pour me rendre au pas de course sur la ligne de départ. J’y croise Philippe, un des heureux organisateurs de la Diabolik de Ragnar qui est au départ de la course lui aussi. Je lui réitère mes félicitations par rapport à cette belle première édition. J’écoute d’une oreille le briefing de départ, rien d’original, il faut suivre le balisage rose, ah si, ça c’est original !

 

Allez le départ est donné, il est 8h30. Nous voilà partis sous un soleil franc qui annonce de belles chaleurs ! Il va falloir bien s’hydrater pour minimiser le coup de chaud. Nous quittons rapidement le stade pour rejoindre un sentier boisé, ça change de la route pour quitter le bourg, c’est chouette. J’essaye de ne pas m’enflammer, le peloton reste assez clairsemé, nous sommes peut être 200/250.  Je vois la tête de course mais je ne m’y invite pas de peur de ne pas y avoir ma place et reste sagement en milieu de peloton.

 

 

Les premiers kilomètres sont roulants, c’est parfait pour étaler le peloton et je me rappelle d’ailleurs que la fin de course empruntait le même tracé en sens inverse en 2015, en sera-t-il de même cette année ? Apparemment oui, après enquête au milieu du peloton de ce début de course… Bon, soit, j’avais un souvenir pas très heureux de cette fin de course, il va falloir gérer. Les jambes répondent très moyennement sur ce début de course, je cours à une vitesse qui oscille entre 10 et 11,5 km/h  en moyenne, et je puise déjà un peu par endroits. Il va falloir tenir sur 53km…

 

Par chance, je suis accompagné de Cyril, un traileur Caennais, avec qui je partage ce début de course. C’est très sympa, on échange de nos divers projets, et, chemin faisant, les kilomètres défilent tranquillement.

 

Si les 5 premiers kilomètres sont assez roulants et permettent de se mettre en jambe, nous voyons déjà arriver les premières difficultés avec les deux premières côtes. Ça y est on rentre dans le vif du sujet. Je me rappelle de certains tronçons du parcours, mais j’ai l’impression qu’il y a quelques nouveautés, comme cette partie en montée et en balcon sur les Roches de Connelles.  C’est vraiment hyper joli avec ces roches impressionnantes et ces montées herbeuses… On se croirait en montagne, oui, oui… !

 

Les 10 premiers kilomètres passent pas trop mal en 1 heure. Je ne pense pas que l’on va pouvoir maintenir cette allure pendant toute la course et je ne manque pas de le partager avec Cyril qui m’accompagne toujours ! Je fais le plein d’eau, salutaire, vu la chaleur déjà ressentie, je ne vais pas me rationner.

 

Les sensations sont vraiment bof, bof, il reste un marathon à accomplir et à l’évocation de cette idée, je ne suis pas porté par l’enthousiasme… ça va être long cette affaire.

 

Alors je temporise, je n’allonge pas la foulée, je ne grille pas les rares cartouches du jour et progresse tranquillement. A partir du 15ème kilomètre environ, ça va un peu mieux, je reconnais le parcours, je trottine dans les montées et remonte des places au fur et à mesure. Cyril n’est plus avec moi, il va gérer sa progression pour terminer la course. Je me sens, il est vrai un peu mieux.

 

Je cours avec un traileur avec qui je sympathise, il prépare une sacrée saison et nous échangeons sur nos projets, nos connaissances communes… J’adore ces  moments en course, ces discussions au fil du chemin… S’il y a un esprit trail, pour moi il est là, vraiment !

 

 

Nous arrivons au premier ravitaillement situé vers le 20ème kilomètre. Je vais prendre le temps de faire le plein, comme on dit. Le plein d'eau, car il fait bien chaud et j'ai liquidé mes deux flasks de 600ml... Et le plein de solide car... j'ai faim ! Je vois des pâtes de fruit qui me font envie, c'est bizarre la question des goûts et de l'alimentation en course, c'est hyper variable et souvent ce sont des trucs que je ne mange pas habituellement... Aujourd'hui, ce sera des pâtes de fruit, bon soit. Et comme je ne transporte avec moi que des pompotes, je me fais plaisir sur le ravito !

 

Après quelques minutes de festin royal, je repars le ventre plein et les idées bien plus claires. Le prochain ravito n'est situé que vers le 42ème donc patience... Je suis mieux qu'en début de course, les jambes sont en pilotage automatique, ça déroule pas très vite, mais ça déroule... Sur le plat, j'ai des difficultés à suivre l'allure de mes compères de course mais dès que ça grimpe, comme je m'efforce à trottiner régulièrement je parviens à faire le trou et  reprendre des coureurs.

 

Je dépasse la mi course et je me sens plutôt bien. En regardant le profil de course dessiné sur mon dossard (chouette idée au passage) je me rends compte que la fin de course sera un poil plus escarpée. Plutôt chouette, ça va jouer du cuissot !

 

Il fait d'ailleurs de plus en plus chaud et après 4h de course, j'ai des crampes qui me chatouillent les mollets, et pourtant je m'efforce à boire... je manque de sel assurément. Je continue ma progression, le parcours avec ce soleil est vraiment sympa, fleuri et quasi uniquement sur des sentiers. Bref un parcours fait par des connaisseurs, sans nul doute...

 

Les montées et les descentes se multiplient, en tout cas j'en ai l'impression. En voilà une d'ailleurs que je connais bien pour l'avoir faite en 2015... une montée bien raide vers le 35/37ème kilomètre environ. Lionel est là pour immortaliser les traileurs, qui souffrent, le pas bien lourd... Ce qui ,entre nous est bien moins flatteur que sur un joli sentier en faux plat descendant... ;) !

Il reste une quinzaine de kilomètres, il va falloir s'accrocher maintenant. Le mental prend un peu plus le relais à mesure que l'arrivée se rapproche. les coups d'œil à la montre se font également de plus en plus réguliers... autant de signes que je connais bien et qui m'appellent à serrer les dents. Mais j'ai le sentiment de rester régulier, je ne m'effondre pas.

 

D'ailleurs, malgré l'effort, je lève les yeux, je regarde autour de moi, je profite de la balade dominicale... Après tout, ce n'est qu'une balade qui sera très vite oubliée quand lundi arrivera. Je me sens bien en courant.

 

Le ravitaillement du 42 ème kilomètre se présente alors. C'est un super endroit à l'orée d'un bois. C'est calme de surcroit car il doit y avoir 2 ou 3 coureurs tout au plus. Les bénévoles y sont adorables, ils me passent de l'eau pour me rafraîchir la tête et la nuque. Ils prennent le soin de remplir mes bidons, je m'alimente en sirotant un coca... Que ça fait du bien, j'oublierai presque qu'il faut repartir pour une petite dizaine de kilomètres.

 

Mais malgré la douceur des lieux, je dois repartir dans ma réalité de coureur pour qui la course n'est pas terminée... Je reprends rapidement la course, à petit rythme mais en courant. Courir sous les bois est agréable, il y fait frais et cela dure environ 2 km. Une voie de chemin de fer vient me sortir de ce moment agréable. Il faut évoluer dans les cailloux, lever les jambes, pfiou...

 

Mais je sais que la fin est proche, alors je ne lâche pas . Au sortir de cette longue ligne droite le sentier s'élève et il brise mon allure. Je pousse sur les cuisses, la fin est proche. La montée est longue, longue...

 

Une fois en haut, une courte descente et c'est reparti pour la dernière montée. On reprend le parcours du chemin aller, il doit rester 5 kms tout au plus. Une dernière descente nous fait quitter la forêt et les jolis sentiers en balcon qui surplombent la Seine. Dorénavant nous courons, sur une large piste, à plat, pour les 4 derniers kms... Ce n'est pas mon fort et je m'accroche.

 

Heureusement, je suis avec deux autres coureurs, nous restons ensemble sur la fin de course, on se motive. Seul, j'aurais coupé ma progression en marchant. Là, je m'accroche et je ne baisse pas le rythme... 2km... 1km... la fin est proche.

 

Nous reprenons un petit sentier, tracé pour l'occasion je pense, et je croise Philippe qui filme notre arrive, c'est super chouette, Merci à toi au passage !

 

Je franchis la ligne, soulagé et heureux, en 6h10 à la 35ème place/250 coureurs ! Ci dessous la vidéo de la course by Philippe Stano :

 

 

Pour conclure, que dire de ce Trail des 2 Amants ? Et bien il se mérite ! 53km et 1900m de D+ ! Le parcours est très bien balisé, sélectif à souhait, j'ai adoré ! Bravo aux organisateurs, bravo aux participants croisés tout au long du chemin et à l'arrivée ! C'était un beau trail, dans l'esprit de cette belle discipline qui nous anime !

Julien

photos: Trail 76, Lionel Vitry

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